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                 BASSIN HOl'ILLER DE LA LOIRE.                   347
 en fournir à leurs"voisins. La France est moins favorisée sous ce
 rapport. Les mines de houille sont concentrées sur quelques
 points de son territoire ; les prix s'accroissent, d'autant plus que
 la consommation s'éloigne des houillères. De là, l'obligation
 pour les industries qui consomment beaucoup de charbon
minéral de s'établir sur les lieux mêmes de l'extraction.
   Cette condition de succès disparaît, s'il est permis aux exploi-
tants de houille d'en élever les prix, suivant leur caprice ou leur
cupidité.
   Chez toutes les nations soumises à un gouvernement régulier
l'équilibre des prix doit dépendre, non de la volonté arbitraire de
ceux qui détiennent les denrées ou marchandises, mais de leur
rareté ou de leur abondance. C'est une loi de l'économie poli-
tique que les prix s'élèvent, lorsque la demande est supérieure à
la production et qu'ils s'abaissent, si elle est inférieure. Toute
manœuvre ou coalition pour faire hausser ou baisser les prix est
un délit qui porte atteinte à la liberté du commerce et de
l'industrie.
   Le pouvoir législatif a eu à se prononcer à plusieurs reprises
sur le principe de la liberté commerciale, notamment en 1791,
en 1810 et en novembre 1849. Le principe a toujours été
maintenu. Proclamé par nos lois, il est entré dans nos mœurs.
On a pu en faire souvent l'observation. Si une coalition veut y
porter atteinte en élevant arbitrairement le prix d'une denrée, le
public s'en indigne spontanément et blâme l'autorité, si elle ne
fait pas respecter la libre concurrence du commerce.
   Dans ces derniers temps, une secte de socialistes n'a pas craint,
sous le prétexte de protéger le travail, de s'élever contre la con-
currence. D'après Louis Blanc, sous l'empire de là concurrence,
la production se développe avec excès, au hasard, et amène
l'abaissement des salaires ; il veut remédier à cet inconvénient
par l'association générale des travailleurs dans chaque profes-
sion. Unis et coalisés dans un intérêt commun, ils seraient en
mesure d'exiger un salaire suffisant pour fournir à leurs besoins
présents et à un fonds de secours pour l'avenir.
   Ce moderne réformateur n'envisage qu'une face de la question,