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236 DE LA SAÔNE. un troisième bateau, la Mûconnaise, qu'elle faisait naviguer pendant toute la durée des basses eaux, entre les points où existaient les hauts fonds, tandis que la Lyonnaise et la Châ- lonnaise partaient des points extrêmes, pour aller verser leurs voyageurs dans la Mûconnaise et recevoir ceux qu'elle avait à son bord. L'on avait ainsi trois transbordements à subir, et il n'était pas rare, en ce cas, de rester 24 ou 26 heures en route, pour se rendre de Lyon à Châlon. L'expérience ne tarda pas à démontrer; qu'il convenait de développer une plus grande puissance motrice dans la naviga- tion. C'est ce qui eut lieu d'abord sur le Rhône, où l'on plaça, en 1829, des bateaux de la force de 25 chevaux, pour chaque machine, sans se laisser décourager par l'affreux événement du bateau Derrheims, dont la chaudière avait éclaté le 4 mars 1827, horrible catastrophe dans laquelle périrent plus de trente personnes. L'ancien service des bateaux de la Saône pour les voyageurs, dénommés les Diligences, traînés par des chevaux, lutta encore avec énergie pendant environ quatre ans contre les paquebots à vapeur, en cherchant à augmenter la vitesse de la marche et en apportant, dans le matériel de ce service, de notables améliora- tions pour la commodité des voyageurs. Sur tous les bords de la Saône où la navigation de cette rivière sert chaque jour aux riverains de spectacle et d'agréable distraction, l'on faisait de nombreux paris pour ou contre les paquebots, dont quelques personnes aimaient à présager le succès à venir, et dont plusieurs autres se plaisaient à prédire la ruine certaine, en traitant obstinément la vapeur de téméraire et folle entreprise, Pendant plusieurs années, les paquebots de la Saône, tantôt dépassèrent les chevaux de la Diligence, et tantôt furent dépassés par eux. Cependant les Messageries nationales, c'est-à -dire MM. Gal- line qui étaient propriétaires des diligences de la Saône, recon- naissant la supériorité des moyens de transport de leur concur- rent, firent construire, en 1830, deux bateaux à vapeur qu'ils nommèrent Hirondelle n" 1 et n° 2. Ils apportèrent dans leur