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218 LES MEDIOLANUM ET LES FINES. Ce noni de Mediolanum est la traduction faite par les Romains, en leur langue, de deux mots celtiques, my, lan, qui signifient milieu du pays, ou plutôt champ du milieu. Les peuples gaulois choisissaient d'ordinaire cette situation centrale pour le lieu de leurs assemblées annuelles. Nous en voyons une preuve dans Jules César : « Les Gaulois, dit-il dans ses Commentaires, se réunissent chaque année, à une époque fixe, dans lé territoire des Carnutes, qui est considéré comme le milieu de la Gaule, quœ regio totius Galliœ média habetur, dans un lieu que leur religion leur fait considérer comme sacré. Là se jugent les différends des peuples et des particuliers ; là se formulent en commun les décrets et les ordonnances qui servent de lois à la nation tout entière (1). » Or, il est bien à présumer que chaque peuple en particulier suivait cet usage général, et que, chaque année, à une époque détermi- née, il se réunissait dans le centre de son territoire pour juger les différends survenus et régler tout ce qui concernait les intérêts de la communauté. Il paraît même que les Romains, pour adou- cir chez les Gaulois le joug de la servitude, si lourd à porter pour cette nation généreuse, permirent à chaque peuple de continuer à tenir ces assemblées annuelles, et se contentèrent d'en restrein- dre les matières de délibération. Cette position centrale était d'autant plus convenable que ces assemblées étaient générales. Tous les citoyens étaient tenus d'y assister, et d'y assister armés. Celui qui arrivait le dernier était, au rapport de César, impitoyablement mis à mort (2). Un autre usage de ces assemblées, moins cruel, mais assez bizarre, est rapporté par Strabon (3) : si, pendant qu'un auteur parlait, quel- qu'un des assistants faisait du bruit, une espèce de licteur s'ap- prochait de l'interrupteur, le couteau tiré, et lui ordonnait de se taire. Si celui-ci n'obtempérait pas à cette injonction légale, après la troisième sommation, le licteur lui coupait une portion notable de sa saye, sagum, de manière à rendre le reste inutile, tl serait (i) De Bel. gai. liber. VI. (a) De Bel. gai. Com. lib. V, (3) Lib. IV.