Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
442                        DE LA SAONE.
 descendent des Alpes , des Pyrénées et des Cévennes, et qui vont
 se jeter, les uns dans l'Océan, les autres dans la Méditerranée. Les
lieux qu'ils traversent sont, pour la plupart, des plaines et des
collines qui donnent naissance à des rivières assez fortes pour
 porter bateau. Les lits de tous ces fleuves sont, les uns à l'égard
des autres, si heureusement disposés par la nature , qu'on peut
aisément transporter les marchandises de l'Océan à la Méditer-
 ranée et réciproquement.
    « On peut remonter le Rhône bien haut avec de grosses car-
gaisons qu'on transporte en divers endroits du pays, par les
moyens d'autres fleuves naviguables qu'il reçoit, et qui peuvent
 également porter des bateaux pesamment chargés. Ces bateaux
 passent du Rhône sur la Saône et ensuite sur le Doubs qui se dé-
 charge dans ce dernier fleuve.
    De l'autre côté de la Saône, habitent les Sequani, peuple de-
 venu depuis longtemps l'ennemi des Mdui et des Romains, pour
 s'être souvent joint aux Germains dans les excursions que ceux-
 ci faisaient en Italie.... Quant aux JEdui, leurs liaisons avec les
 Romains les rendaient naturellement ennemis des Sequani ;
 mais cette inimitié s'est accrue par les contestations des deux
peuples au sujet de la Saône qui les sépare ; chacun d'eux pré-
tendant à la possession exclusive, ainsi qu'à la perception des
péages. (STRABQN, liv. 4.) »
    Rien ne témoigne mieux de l'importance des transports qui
s'opéraient sur la Saône, que les contestations auxquelles la
perception d#leurs péages donnait lieu entre les Sequanes et les
Eduens, comme nous l'apprend Strabon.
    Avant Strabon, César avait parlé des transports de grains qui
s'effectuaient sur la Saône , frumento, quod flumine Arare
navibus subvexerat (liv. 1). Aussi, après la conquête d'Alise,
plaça-t-il Q.TuUius Cicéron à Mâcon,et P.Sulpicius,à Châlon,pour
veiller aux vivres de l'armée, rei frumentarim (liv. 7).
    L'on comprend que, sous César et sous Auguste, il dût néces-
sairement y avoir une grande activité déployée sur la Saône.
« La navigation est libre et animée, non seulement sur le Rhône
et la Saône, s'écrie Marc-Antoine dans son Panégyrique de César,




                                      •