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DU PALA1S-DES-ARTS DE LYON. 393 28 novembre 1777, la Bibliothèque fut ouverte une fois par se- maine. Ainsi s'accomplit le vœu de Pierre Adamoli : ses richesses lit- téraires et scientifiques, désormais confiées à la surveillance du premier Corps savant de sa patrie d'adoption, devenaient, après avoir fait le bonheur de sa vie, une source nouvelle d'instruction pour ses concitoyens. L'Académie joignit à cette belle collection, qui s'élevait alors à 5,600 volumes, livres de choix et rares et manuscrits anciens, un grand nombre d'ouvrages qu'elle possédait déjà et particu- lièrement ceux qu'elle tenait de la libéralité de MM. deValernod, Christin, Jussieu de Montluel et Canac de St-Léger. Le premier bibliothécaire de la Compagnie fut l'abbé Mongez ; M. Bory, et plus tard M. Delandine, auquel on adjoignit M. Ta- bard, furent les successeurs du savant abbé. Jusqu'en 1789, le public put jouir du bienfait de cette fonda- tion. Mais il était dans la destinée de cette précieuse collection de subir bien des vicissitudes, avant de reposer dans le Palais- des-Arts. En 1792, le Conseil de la commune, forcé de reprendre le local concédé, devenu nécessaire aux besoins de l'administration, dé- cida , de concert avec les administrateurs du Collège, que la Bi- bliothèque Adamoli serait transférée au Collège, dans le vaisseau appelé Bibliothèque de Villeroy. Mais cette décision ne put avoir son effet : les troubles de la Révolution n'ayant pas permis d'o- pérer cette translation, la collection Adamoli, déplacée de l'Hôtel commun, fut transportée dans les combles du Monastère des Dames de St-Pierre, où l'avaient précédée les Bibliothèques des couvents qui venaient d'être supprimés: « Là , d'officieuses arai- gnées, dit M. Delandine, couvrirent de leurs toiles épaisses les scellés apposés sur la serrure du local qui la renfermait, et elle y fut heureusement oubliée. » Cette circonstance fut un bonheur pour l'Académie ; ses ri- chesses bibliographiques échappèrent ainsi à plus d'un danger. Pendant le siège, le bâtiment du C ollége ayant été bombardé, la voûte de la grande salle de la Bibliothèque fut écrasée et un grand