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                ADOLPHE ADAM A LYON EN 1S51.                    329
  le premier exemple qui m'était fourni par feu Singier. 11 parait
  que l'air y est bon pour les directeurs. M. Delestang mérite de
 suivre en tout la vote tracée par Singier, qui s'est retiré avec une
 belle fortune honorablement acquise.
     Cependant, tout me rappelait à Paris. Le congé que j'avais
 obtenu au Conservatoire allait expirer : l'élection de l'Institut
 était sur le point de se faire ; et, quoique mon excellent confrère
 Zimmermann se fût volontairement retiré, je comptais plus d'un
 ami parmi les candidats. J'arrivai à temps pour pouvoir voter et
 embrasser mon ami Ambroise Thomas, qui réunit la majorité
 bien rare de 30 voix sur 38 votants.
    A propos, au moment où je quittai Lyon, où l'on avait oublié
 de me demander mon passeport à l'entrée et à la sortie, j'appris
 que le département dont cette malheureuse cité est la capitale, et
 quatre autres départements limitrophes gémissaient depuis long-
temps sous l'oppression de l'état de siège.
 , Penser qu'il y a, en France, cinq départements où il n'y a pas
d'émeute possible ! Qu'on se hâte de faire cesser cet état de cho-
ses ! Plus d'un démocrate en est mort de chagrin, et la perte de
chacun d'eux excitait une telle douleur, que les convois étaient
suivis par trois ou quatre mille affligés, marchant au pas et en
bon ordre. — On ne veut plus permettre qu'il y en ait plus de
trois cents à la fois. Plaignons des populations si opprimées !
                                AD. ADAM (de l'Institut),