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308                             UNE PROMENADE
 épouse bien-aimée d'Auguste. C'est pour cela que deux pièces
 souterraines, situées presqu'au centre des jardins Farnèse, ont
reçu le nom de bains de Livie. La seule raison à l'appui de cette
dénomination, c'est qu'Auguste est né et a eu son palais sur la
célèbre colline. Le neveu de J. César prit naissance dans une
rue du Palatin, appelée ad capita bubula, dont on ne pourrait
pas préciser la position. Cependant on conjecture qu'elle se trou-
vait à l'angle des jardins en question, au-dessus du forum boa-
rium. Il habita ensuite en face du forum romain, un peu plus
haut que les scalœ annularice, à droite de l'angle susdit. Plus
tard, il logea dans la maison d'Hortensius, l'orateur, à gauche,
et du côté du grand cirque. Après un incendie, il la fit recons-
truire en l'agrandissant d'un bâtiment voisin qui avait appar-
tenu à Catilina, le grand socialiste de l'antiquité (1).
   Mais je ne veux pas sortir des jardins Farnèse. Le palais
d'Auguste était plus au midi, et, quoique très-simple dans le
commencement, il fut successivement augmenté et embelli dans
la. suite. C'est de sa position sur le Palatin—Palatium — qu'est
venu le terme générique de palais, appliqué aux constructions
princières.
    Il est évident, d'après ce que je viens de dire, que les deux
pièces souterraines, appelées bains de Livie, ont reçu bien va-
guement cette dénomination. Je comprends que le nom de Livie
soit à jamais célèbre. Elle sut, pendant longues années, captiver
le puissant empereur dont elle fut la troisième femme, les deux
autres ayant été répudiées. Quand Octave l'épousa il se la fit cé-
der par son mari Tiberius Nero. Elle était déjà mère de Tibère
et grosse de six mois de Drusus — en l'honneur duquel a été
élevé l'arc placé en avant de la porte Saint-Sébastien. —Auguste
avait de singuliers goûts : sa première femme Claudia, belle-fille
d'Antoine, était à peu-près nubile, et il la renvoya vierge à ses


   (i) J'engage mes lecteurs à prendre connaissance du premier chapitre de
Sallusle, et ils verront si j'ai tort de donner à Catilina le titre de socialiste. On
dirait que ces pages ont été écrites en 1848, tant les portraits sontressemblaiits
à certaines individualités de notre époque.