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270               PETITE CHRONIQUE LYONNAISE.
 occupé accupé actuellement par une fabrique de boutons. Il pa-
 raît que le concierge de l'école, importuné par les enfants du
 quartier, les menaçait brutalement de les faire disséquer ; et l'on
 prétendit que l'un des insurgés avait reconnu le cadavre de son
 frère mort à l'hôpital et transporté en ce lieu pour servir de
 sujet.
    Le consulat s'adjoignit M. deFlesselles, intendant ; M. Peysson
de Bacot, procureur-général à la sénéchaussée ; M. Pupil de
Myons, lieutenant-général de la sénéchaussée, et M. Dugas, lieu-
tenant criminel, très-populaire à Lyon et dont la famille avait
beaucoup d'attachement pour les jésuites. Au milieu du tumulte,
on entendit des voix crier qu'il fallait brûler les Oratoriens qui n'a-
vaient pas de religion et incendier le palais de l'archevêque, qui
les protégeait. Un pareil propos avait été tenu par l'abbé de Gla-
reins chez le libraire Duplain. Ce propos, rapporté à M. de Mon-
tazet, archevêque, fut cause d'une très-violente réprimande du
prélat envers l'abbé, qui était du parti anti-janséniste.
    30 décembre. — Le jugement du présidial relatif à l'émeute
a été porté à la procédure du chancelier. On croit qu'il n'y aura
qu'un cas de mort et un autre de galères. Le dimanche avant
Noël, il y eut un petit mouvement entre les pensionnaires du col-
lège et les polissons du quartier. Ils se battirent à coups de
pierres, sur la place du Collège, où on les fait passer pour aller
à vêpres. La querelle a été calmée de suite. Une grande partie du
peuple croit que le's Oratoriens cachent chez eux un prince au-
quel il manque un bras, et que, tous les soirs, on arrête autour
du collège des enfants, auxquels on coupe un bras pour l'essayer
au prétendu prince.

                               1769.
   8 Décembre. — Il vient d'arriver un événement remarquable
et sans exemple, à trois lieues de Lyon, mais on ne sait dans
quelle province, ni dans quel diocèse. Un curé donnait chez lui
un repas de noces pour le mariage de quelque parent, et il s'y
trouvait deux officiers. Lorsqu'on en fut au Bourgogne et au
Champagne, le vicaire présenta son verre pour en boire comme