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LA CHAPELLE DE L'ARCHEVÊCHÉ. 159 pelle qui ne sorte des catacombes; il y a, d'autre part, l'admission pure et simple de la forme antique servant la pensée religieuse. Quant à la coloration, on a préféré la manière du XIIIe siècle, comme présentant plus de richesse et d'ampleur que celle de la Renaissance. Il y a une harmonie parfaite entre les fonds d'or et les teintes légèrement bistrées des personnages, entre le vert des feuillages et les tons d'outre-mer sur lesquels sont dessinées les scènes de la vie de Jésus-Christ. Ces peintures sont toutes à la fresque : l'or y brille de toute part, dans les frises, dans les chapiteaux, dans les enroulements, et contribue à former un ensemble d'une grande richesse. Main - tenant, si l'on se dit que ce n'est pas à un peintre d'histoire, mais à un simple décorateur que l'œuvre a été confiée, on sera moins exigeant, et le mérite aura toujours sa part, car il nous restera la pensée et le dessin si correct de M. Desjardins. N'oublions pas de mentionner le tableau placé au-dessus de l'autel ; c'est une bonne copie de l'un des deux Pérugin de notre Musée. On la dit de M. Richard, élève de M. Janmot. Nous ne passerons point non plus sous silence le confes- sionnal aux dentelures si délicates, aux petites galeries si bien évidées, ni la porte de la chapelle, chef-d'œuvre de menuiserie, dans le style de la Renaissance. Des vitraux en grisailles com- pléteront bientôt cet édicule : nous en dirons quelques mots, aussitôt qu'on les aura placés. J. Roux.