page suivante »
138 DE LA COLONIE GRECQUE DE LYON. les Gaulois qui venaient à Marseille et sur les bords de la Médi- terranée apporter les produits de leur territoire et les échanger contre les richesses de l'Orient. Des peuples à demi-barbares et jouissant d'une civilisation imparfaite, comme étaient nos an- cêtres, devaient être peu portés à entreprendre de longs voyages à travers des nations jalouses et hostiles. Ce devait donc être les Grecs et les Massiliens qui, doués d'un caractère entrepre- nant, animés par l'amour du gain, réussirent à s'introduire par- mi ces peuplades gauloises, à se concilier, par des présents et par les avantages qu'ils offraient, la protection des chefs et l'af- fection des individus, et à pénétrer jusque dans l'intérieur du pays. Alors, avec le commerce, ils apportèrent aux Gaulois la connaissance précieuse de l'écriture et de leurs caractères, con- naissance que les Gaulois adoptèrent avidement, comme de la plus grande utilité pour leurs communications de peuple à peuple et de particulier à particulier (1). Nous voyons donc, dans César, un témoignage bien frappant de rapports établis entre les Grecs et les Gaulois avant la conquête. Voyons une autre preuve et citons un autre témoignage. Strabon, le fameux géographe, mourut sous, Tibère : il était donc contemporain ou de bien peu postérieur à la conquête des Gaules, Or, au livre iv de son ouvrage, il dit expressément que les marchands, qui ne peuvent être autres que les Massiliens qui occupaient, par leurs colonies, tous les rivages de la Méditerra- née gauloise, que les marchands remontaient le Rhône, ensuite la Saône, et de là transportaient leurs marchandises par terre jusqu'à la Seine (2) ; ils les transportaient aussi par terre vers la (i) Avec leurs caractères, les Grecs transmirent aux Gaulois plusieurs mots de leur propre langue, mots que nous retrouvons encore dans notre langue française, et qui n'ont jamais fait partie du vocabulaire latin. Les Gaulois n'ont donc pas pu les acquérir par l'entremise des Romains. Voyez l'origine des mots tuer, tombe, pore, orgueilleux, et de nombre d'autres. La langue oelto-bretonne a aussi plusieurs mots qui viennent immédiatement du grec. (2) César parle, au X e livre de ses Commentaires, de marchands qui se rendaient dans la Grande-Bretagne, t! parle aussi de marchands que les Bre-