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68                  DE QUELQUES OUVRAGES
 que le ministre d'Henri IV possédait à son château de Sully ; le
 cardinal Duperron, le cardinal Richelieu, Fouquet, le chancelier
d'Aguesseau ne confièrent jamais à leurs.presses que des œuvres
qu'ils pussent avouer. On ne connaît même pas d'ouvrage qui
 soit sorti de l'imprimerie de Fouquet, pendant la faveur du mi-
nistre de Louis XIV. Ce ne fut qu'après sa disgrâce, que les
presses de Montreuil furent employées à publier l'inutile défense
de celui à qui l'amant de mademoiselle de Lavallière ne par-
donna pas d'avoir rêvé les mêmes amours que le roi de France.
L'année 1760 vit deux imprimeries rivales établies dans le châ-
teau de Versailles : l'une pour M. le duc de Bourgogne, l'autre
pour madame de Pompadour. Le duc de Bourgogne imprimait
les Prières pour les enfants de France, et madame de Pompa-
dour la Rodogune de Corneille. Elle gravait elle-même une fi-
gure pour cet ouvrage, d'après un dessin de Boucher, le grand-
maître de l'époque.
   La gravure, pour le dire en passant, était aussi une occupa-
tion, un délassement fort à la mode alors, et plus répandu que le
goût de la typographie, parce qu'il était plus attrayant. Depuis
l'exemple donné par le Régent, qui avait gravé quelques vignettes
pour une édition bien connue de la Pastorale de Longus, grands
seigneurs et grandes dames s'exerçaient à manier la pointe pour
tracer des guirlandes de roses et de petits culs-nuds d'amour.—
Je reviens aux imprimeries.
   Louis XIV, Louis XV et Louis XVI en eurent chacun de parti-
culières, et y composèrent eux -mêmes typographiquement quel-
ques ouvrages tirés à très-petit nombre, et par conséquent fort
rares aujourd'hui. On cite, de Louis XIV, la Guerre des Suisses,
du premier livre des Commentaires de Jules César, opuscule
de 18 pages ; de Louis XV presque enfant, le Cours des princi-
paux fleuves et rivières de l'Europe, et enfin, du malheureux
Louis XVI, Description raisonnée de la forêt de Compiègne,
comme elle était en 1765, et les Maximes morales et politiques
tirées de Télémaque, imprimées à Versailles, en 1766, par Louis-
Auguste, dauphin.
  Sans doute, il est curieux de voir de royales mains se servir