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                    DE LA TABLE DE CLAUDE.                     461
on l'a vu, par la Gaule chevelue, au temps des guerres civiles et
sous Jules César ; étaient-ce des colons de Lugdunum ou des
Gaulois segusiaves, quoique la première conjecture ait infiniment
plus de vraisemblance que la seconde, on ne peut cependant la
présenter comme une vérité démontrée.
    Au temps de l'empereur Claude, les peuples de la Gaule che-
velue, Eduens, Segusiaves et autres, n'avaient pas le principal
des droits politiques et Claude se chargea de le leur faire ob-
tenir. Mais pour qui le demanda-t-il? pour tous les Gaulois de
la Gaule chevelue ou seulement pour les principaux d'entre eux ?
Que faut-il entendre par ces expressions, les premiers des Gaulois ?
  * Un des premiers commentateurs de Tacite, Juste-Lipse pense
que le droit de cité romaine, il est vrai, sans le droit de suffrage
et sans le droit aux honneurs, avait été concédé à la Gaule tran-
salpine entière, et même à la Gaule chevelue. Un de ses argu-
ments, c'est ce que raconte Dion Cassius (Liv. c. 24) qu'Au-
guste ayant entièrement terminé les affaires des Gaulois, des
Germains et des Espagnols, donna la liberté et le droit de cité
aux uns et les ôta aux autres. Un passage de Sénèque mal in-
terprété a fait croire à quelques écrivains que la Gaule chevelue
entière avait été admise au droit de bourgeoisie (de Beneficiis,
vi, 9). » Quid ergo ? si princeps civitatem dederit omnibus Gal-
lis si immunitatem Hispanis nihil hoc nomine singulis debe-
runtl » Mais qui ne voit dans ces paroles une simple hypothèse :
il ne s'agit nullement du droit de cité pour les Gaulois et de
l'exemption d'impôts pour les Espagnols comme d'un fait accom-
pli ; Sénèque pose simplement une question. Un autre passage
du même écrivain [Apocolocynth. m.) justifie cette interprétation ;
une des Parques, Chloto, parlant de la mort de Claude s'exprime
en ces termes : « Par Hercule, je voudrais ajouter quelques jours
à sa vie, pour qu'il fit citoyens le peu de gens qui restent à
l'être, car il s'était promis de voir en toge tous les Grecs, les
Gaulois, les Espagnols et les Bretons ; mais puisqu'il te convient
de laisser pour la guerre quelques étrangers et qu'ainsi tu l'or-
donnes, ainsi soit-il. » Claude n'avait donc pas accordé le droit
de bourgeoisie à tous les étrangers, c'est ce que fait observer