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424 NÉCROLOGIE. maîtres, après avoir été le plus attentif et le plus dévoué des disciples. Mais il a fallu quitter tout cela, et l'heure du repos a sonné avant l'heure du salaire. « Cher Orsel , je ne me serais pas attendu à célébrer ainsi par des larmes, sur le bord de cette fosse, le jubilé de notre liaison de Rome : il y a vingt- cinq ans, je vous avais trouvé déjà environné de l'estime publique, au milieu des enchantements de tant de chefs-d'œuvre. Dès lors les cœurs les plus légers ne pouvaient s'empêcher d'être émus en vous voyant marcher dans la vie, de concert avec l'ami (i), le compagnon, le frère, qui aura la force de vous sur- vivre, parce qu'il faut qu'il achève vos ouvrages. Lui seul, dont le nom est de- puis si longtemps inséparable du votre et qui ne veut de gloire qu'avec vous, pourrait dire tout ce que vous valiez, tout ce que vous emportez dans la mort. Mais la force qui lui manquerait certainement, je dois l'avoir à sa place ; je dois, en son nom, au nom de tant d'autres amis que vous aviez conquis et fixés, vous adresser ce dernier adieu que vous entendez, la foi et le cœur me le di- sent, de ce séjour de lumière et de paix où recevant la récompense de vos efforts, vous contemplez dans la source éternelle, ce que vous avez aimé et cherché toute votre vie, le bon, le beau et le vrai. »