Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                      DE L'UNITÉ DES ARTS.                      399
 cendit qu'après lui jusqu'à reproduire les figures des hommes,
 même des héros contemporains. Ce n'est guère que du temps
 d'Alexandre que datent les statues-portraits. Ce n'est pas avant
la même époque que l'on peut placer l'apparition des premiers
 tableaux détachés, des premiers panneaux de bois peints indé-
pendamment d'une destination monumentale. Jusqu'alors la
peinture murale existait seule. La première mention de la vraie
peinture, d'une peinture qui ne fut pas le bas-relief colorié
 comme dans l'origine, ne remonte qu'au siècle de Périclès ; c'est
la grande composition murale qui représentait la bataille de Ma-
rathon sous les Propylées. Quoique la Grèce ait, pour ainsi dire,
créé la statuaire et la peinture comme arts distincts entre eux et
séparés de l'architecture, on peut dire que cette séparation ne
s'opéra jamais chez elle d'une manière bien absolue. C'est seu-
 lement de l'époque romaine que date la multiplication des sta-
 tues isolées et sans destination architecturale. Comme aussi, c'est
alors seulement que la sculpture s'adonna sans scrupule à re-
produire les figures des hommes historiques et même des person-
nages vivants concurremment avec celle des dieux et des héros
divinisés, sujets dont n'osa jamais s'écarter la statuaire grecque
de la grande époque.
    La poésie, contenue d'abord tout entière dans le chant reli-
gieux, dans l'hymne chanté au son des instruments et accom-
pagné de sa représentation mimique, la poésie subissait un dé-
membrement pareil à celui qui s'accomplissait dans les arts plas-
tiques. C'est encore la Grèce qui nous fournit le théâtre de cette
évolution, selon son cours le plus rationnel, et de façon à ce que
l'on en tire plus facilement les lois et la formule générale.
   L'épopée est le premier genre qui apparaît dans la poésie au
sortir de l'hymne. Elle transporte le sentiment et le récit de
l'éternité dans le temps, des attributs de la divinité aux exploits
des héros ; elle remplace la forme primitive de l'hymne, l'excla-
mation, l'énumération, la litanie, par la narration. Dans l'épo-
pée, l'humanité prend pleine possession de la poésie qui n'ap-
partenait qu'aux dieux. Homère est le nom que porte cette ré-
volution. La poésie, en se divisant et en prenant une extension