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                         SUR L'ABBÉ BONNEVIE.                              325
solaiions et des secours aux nombreuses victimes d'un fléau aussi imprévu que
destructeur !
   Gloire au clergé, dont il est le modèle, et qui hâtait par ses vœux una-
nimes l'élévation de son chef à la plus haute distinction du sanctuaire !
   Gloire à ce concours empressé de tous les raugs, de tous les états et de
tous les âges ; à cette sainte allégresse, à cet élan spontané de tous les cœurs
unis par la foi, la confiance et l'amour !

   M. le cardinal de Bonald se trouvait heureux de retrouver dans
ces deux mémorables circonstances, à la tête de son chapitre,
celui qu'il connaissait déjà depuis longtemps comme l'honneur
du sacerdoce, par ses talents, et dont il avait entendu répéter les
louanges avant d'arriver dans son nouveau diocèse.
   Grave, digne, noble dans la chaire, l'abbé Bonnevie était un
aimable causeur dans un salon, et nous pouvons bien dire de lui
ce qu'il a dit dans son oraison funèbre du cardinal de Borgia :
« On connaissait la réputation de ces entretiens si aimables
qu'il avait le talent de toujours animer, qu'il égayait sans qu'ils
en devinssent moins purs, et qu'il rendait instructifs sans qu'ils
en parussent plus graves. » 11 racontait beaucoup, n'avait-il pas
beaucoup voyagé et beaucoup vu ? Les choses et les hommes s'é-
taient gravés dans sa mémoire, et, la facilité de l'expression
lui venant en aide, il en parlait avec autant d'esprit que d'ani-
mation; on faisait cercle autour de lui, et quand il avait cessé
de raconter une anecdote sémillante, un trait d'histoire ancienne
ou contemporaine, on désirait l'écouter encore.
   Longtemps, il passait quelques heures pendant les longues
soirées d'hiver dans de douces causeries, avec quelques spiri-
tuels amis, au coin du foyer domestique de M. Morel de Vo-
lène, archiviste de la ville, qui revit dans un fils aussi modeste
qu'instruit. Ces amis étaient le chevalier de Vibrac, vieux marin
qui avait fait ses preuves dans l'ordre de Malte, et qui peignait
avec autant de charme qu'il racontait ; c'était le savant M. Nolhac,
que la mort nous a ravi, et qui nous a laissé quelques ouvrages
qui ne mourront pas; c'était le docteur Ozanam, médecin mo-
deste autant qu'habile chimiste. Chaque soir, ils se rencontraient
comme par instinct, dans le salon de l'archiviste ; au coup de