Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                                DE LA SAONE.                               263
ne peutjuger à l'œil en quel sens elle coule. » Incredibili leni-
tate, ita ut oculis in utram partent fluat, judicari non possit ;
telle que la définit Sénèque, « hésitante et ne sachant point de
quel coté elle versera ses flots. » Dubitans, nesciem quo fluctus
agat.
   Je parlerai ensuite de la navigation de la Saône, principalement
envisagée aux. points de vue de ses progrès, de sa célérité et de la
statistique commerciale. Il ne saurait y avoir de meilleur moyen
de faire connaître l'importance de cette rivière qui, en formant
le principallien de notre système de'navigation fluviale entre le
midi et le nord de la France, est la grande route des marchandises
de la Méditerranée pour les rives du Rhin et pour celles de la
Seine.

son nom antique, en prenant un autre de ce sanglant massacre, qui lui est de-
mouré jusqùes aujourd'hui. »
    « La Saône, dit Coulon, est la plus vénérable dm rivières du monde, pour
 avoir été consacrée du sang des martyrs de la fo» »
   Le P. Menestrier , dans sa Préparation ù l'Histoire consulaire de Lyon
(pag. i3), s'exprime ainsi à ce sujet : « Ammien Marcellin est le plus ancien
auteur, que l'on tient avoir nommé la Saône SAECONA.... Pour ceux qui l'ont
nommée SANGONA, à cause du sang rppandu.de nos martyrs, que l'on dit avoir
fait changer de couleur à cette jfrflreyje "n'en voy point d'autorité bien
seure, pour établir cette étymologie." »
  Grégoire de Tours nomme la Saône-, SASGONAM ; les actes de saint Trivier,
SAGOHAM ; Nithard, SAXJGONAM ; Aimoin, SAGONHAM. ïïédegaire l'appelle, dans
un passage de sa Chronique, SAOGONNAM : usque ararim SAOGONKAM, Fiuvium
pervertit ; et dans un autre passage, il la nomme SAOCONNA' : evecta navalia per
                           •0

Ararim fiuvium, qui cognominatur SAOCONNA.
   Saint Julien de Baleure (Origine des Bourgongnons. Paris, I 5 8 I ) , répute,
faute de copistes, les versions SAUCONNA, le C étant pris pour le G, comme
dans Claude, que l'on prononce Glande.
   "Vers le dixième ou le onzième siècle,—où il était d'usage général de sup-
primer souvent aux mots, et particulièrement aux noms propres, une ou plu-
sieurs lettres, et quelquefois même une ou plusieurs syllabes,—l'on fit de
Saucona ou de Sagona, SAON-*, d'où plus tard le mot SAÔNE.