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DE LA VILLE DE LYON. 179 Quatre personnages superposés par rangs d'un couple entrent dans la composition de chaque baie, ce qui donne un appareil de douze figures pour les trois fenêtres. La chaire gothique en marbre blanc est d'un bon style: elle n'a pas d'abat-voix. — Mais, en principe, quoiqu'il en existe des exemples historiques que j'ai vus, je n'aime pas la chaire go- thique, parce qu'elle n'a pas de raison liturgique d'être. N'ayons donc, en fait de chaires, qu'un meuble de bois, simple, mobile, qu'on roulera dans la nef, au moment où il en sera besoin. Les grilles latérales et boiseries du chœur reproduisent avec bonheur l'art du XVe siècle. La matière est le bois, évidé, fouillé comme au moyen-âge. Dans le croisillon septentrional, on remarque aussi une délicieuse décoration, de bois encore, et du même type. Une niche en pierre, finement coupée, couronne cet ap- pareil. Quant à l'autel majeur, il n'a pas changé. Au lieu de vous creuser la tête pour formuler des autels plus ou moins gothi- ques, toujours très-dispendieux, contentez-vous de la mensa sacra vraiment liturgique, à coffre carré, de bois, avec parements de soie, dont la couleur varie, comme les ornements ecclésias- tiques, suivant l'Ordo. Cela faisant, vous rentrerez dans les conditions de l'hiératisme traditionnel, dans l'idée dogmatique, et, en même temps, vous ouvrirez de nouvelles voies de pros- périté à cette fabrique lyonnaise d'étoffes de soie, gloire de la cité. TX. ÉGLISE DES LAZARISTES. Je ne sache pas que quelque changement sérieux ait été in- troduit dans l'église du pensionnat des Frères de la Doctrine chrétienne. La translation de leur noviciat, des anciens Laza- ristes, dans le vaste palais élevé sur les poétiques hauteurs de Caluire, aura absorbé la majeure partie des ressources dont dis- pose la maison, et elle n'aura rien pu faire pour augmenter la décoration de sa belle église lyonnaise.