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150 ARRIVÉE A LYON et la ville avait un air de fête inaccoutumé. En dehors du but politique, le voyage présidentiel aura été un véritable bien poul- ies intérêts du petit commerce. Nous consignons ici, comme souvenir, les plus importants discours prononcés dans cette circonstance : Discours de M. Réveil,, maire de Lyon, au banquet donné par la ville- Notre ville , aujourd'hui si animée par votre présence, Mon- sieur le Président, a été bien cruellement frappée par le mauvais génie des révolutions. Je ne parle pas de nos travaux interrom- pus , de la vie commerciale subitement tarie, ni des suites rui- neuses qui devaient en découler; je parle de cette maladie vio- lente qui trouble les esprits dans presque toutes les villes ma- nufacturières , de ce principe désorganisateur qui, pour mieux faire crouler la société, détruisait, au nom de la liberté, toutes les libertés; au nom de l'industrie, toutes les industries ; au nom de la propriété, toutes les propriétés. (Applaudissements). Oui, il a été profond ce vertige qui laissait croire à la possibi- lité d'une organisation sociale donnant à chacun tous les droits, n'imposant aucun devoir à personne. (Triple salve d'applau- dissements). Mais la raison n'était qu'égarée. Bientôt apparurent toutes les conséquences désastreuses des doctrines prêchées; bientôt nos ouvriers reconnurent la fausse voie dans laquelle on les entraînait ; ils virent l'envieuse rivalité étrangère, amas- sant les débris des métiers qu'ils brisaient (applaudissements), appelant à elle les industriels qu'ils décourageaient ; ils compri- rent la perfidie, et ils rentrèrent dans leurs ateliers déserts. Alors aussi, Dieu aidant, car sa main est partout, le calme re- naissait sur tous les points ; lavolonté de votre gouvernement, s'appuyant sur la puissance qu'avait créée le 10 décembre, sut rétablir le respect des lois et le principe de l'autorité, conditions nécessaires de toute prospérité. (Applaudissements). Et depuis cette époque, notre industrie, l'une des gloires de la France industrielle , est ranimée, notre commerce, si favo- risé par nos faciles et nombreuses communications, a repris son mouvement, et son activité deviendra bien plus grande encore, lorsque la sollicitude de votre gouvernement aura ajouté la voie rapide du chemin de fer à l'amélioration possible de nos lignes fluviales. (Assentiment). C'est donc pour notre cité, plus peut-être que pour toute autre, que le rétablissement de l'ordre public était nécessaire et que son affermissement sera un bienfait. C'est donc aussi dans notre cité que vous trouverez , Monsieur le Président, le plus entier concours pour l'accomplissement de votre œuvre d'ordre et de stabilité, et que vous recueillerez la plus sincère recon-