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 60             RESTAURATION ET AGRANDISSEMENT
   alors cette dernière réduite à des proportions ordinaires perdra
  l'effet imposant que l'on aura recherché.
      Que faut-il dire maintenant de ces illuminations qui doivent,
 la nuit, faire resplendir au loin l'or de la statue, comme un
 phare lumineux ? De pareils moyens réveillent-ils des sentiments
 bien graves, bien austères ? Ne rappellent-ils pas plutôt les effets
 employés au théâtre que la majesté du culte catholique ? —
 Nous en laissons juge le lecteur.
     Et maintenant, nous dira-t-on, notre conclusion ? — Notre
 conclusion, si nous osions en vérité la donner, serait simple,
 mais difficile à accepter pour beaucoup, peut-être, parce qu'elle
 exige de la foi, — la foi qui manque aujourd'hui à tous , —
 excepté aux simples, aux petits, au peuple en un mot, qui seul
 croit encore à la réalisation de toute idée qui lui parait géné-
 reuse, et ne doute point de l'avenir. Et c'est précisément parce
 que toute idée noble et grande est sûre d'éveiller un écho, une
 confiance sympathique dans les masses, que nous croyons notre
 conclusion vraie et possible. Nous le disons donc : aujourd'hui
 que l'édifice ancien a été altéré, que cette barrière, élevée autour
de lui par le respect populaire, n'existe plus et ne peut plus se
 rétablir, il nous semble que ce serait ici le lieu d'entreprendre
 une œuvre vaste, complète, monument digne du culte voué par
les fidèles au sanctuaire de Fourvière. Puisque ce sanctuaire
n'existe plus dans son intégrité, que du moins il se relève
comme un témoignage vivant de ce que peuvent, même à notre
époque , une croyance religieuse profonde, un amour ardent de
l'art, un patriotisme chaleureux. — La défiance seule empêche
la réalisation des grandes œuvres. Cette pensée égoïste : que
les sentiments nobles, élevés, religieux, ne sont point répandus
dans les masses, que l'inspiration artistique leur est étrangère,
arrête souvent les élans de ceux qui ont en partage les loisirs
et l'instruction — comme si, au contraire, l'ardeur avec laquelle
les masses s'attachent à l'accomplissement de pensées fausses
ou malheureuses en elles-mêmes, n'était pas la preuve la plus
forte que cette foi, cette inspiration existent à l'état latent, et
se manifestent par toutes les issues qui leur sont ouvertes, en