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2-2                SAINT-MAURICE-DE-VIENNE.
les tendances horizontales de l'architectonique romane et les exi-
gences en sens inverse de l'école ogivale. Une balustrade com-
posée de trèfles et de quatrefeuilles embrasse le comble : plus
ou moins fruste, elle est ou sera l'objet d'une réparation géné-
rale. La région apsidaire engagée à sa base dans des construc-
tions hétérogènes, d'un aspect un peu confus, parait basse, si on
l'envisage de la Halle-Neuve. Les baies qui l'éclairent sont pro-
fondément enfoncées de dehors en dedans, contrairement à l'es-
prit des cathédrales du nord. Toute cette ordonnance offre beau-
coup d'analogie avec le chevet à peu-près contemporain de Saint-
Jean de Lyon. Au lieu de ces forêts de contreforts richement
ornés qui inscrivent les grandes églises françaises de la Picardie,
du Sénonois, de laBeauce, dans un pittoresque échafaudage per-
manent de pierres monumentales, d'arcatures, de flambeaux, de
niches et de statues, nous n'avons ici que de simples piliers à
l'apside et de rares contre-fiches sur les flancs, tout justement
ce qu'il en faut pour résister à la poussée des voûtes. Toutefois,
bien qu'ils manquent de développement et de hauteur, les con-
treforts de Saint-Maurice présentent un luxe remarquable d'or-
nementation.
    Les murs latéraux de la basilique, au nord, c'est-à-dire du
côté de la place de Saint-Paul, vers l'élégant petit hôtel de M. le
chevalier de Miremont, maire de Vienne sous la Restauration,
 possédé aujourd'hui par M. l'abbé Guttin, curé de Saint-Maurice,
 les murs latéraux portent encore la trace des arrachements qu'ils
 subirent à l'époque de la destruction barbare du cloître, dont
 quelques restes subsistent dans cette région. Un triforium du
 motif byzantin le mieux senti, d'un goût parfait, règne sur ce
 flanc septentrional même au-dessus des grandes baies gothiques.
 On remarque de ce côté une porte du même type, d'une infinie
 suavité d'exécution. Qu'y a-t-il de mieux composé, de plus har-
 monieux, que pe porche sculpté, décoré de statues, avec toute
 la verve qui caractérisait les artistes des XIe et XIIe siècles? Ce
 petit ensemble est d'une exquise beauté. Quant à la muraille
 latérale du sud, elle n'a point comme sa sœur l'avantage de se
  dresser à l'air libre d'une place ; engagée et confuse, elle ne