Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
228              LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.

mes proposés pour tirer de cette colonie le parti le plus utile
 à elle-même et à la France.
   La Chambre des députés, dont l'esprit d'indépendance s'était
fortifié par les élections générales de 1837, jugea ce moment fa-
vorable pour reprendre la discussion du projet de conversion des
rentes sur l'État. Les avis se partagèrent entre deux systèmes
également avantageux, également reprochables : l'un, celui de
M. Garnier-Pagès, consistait dans la conversion au pair par
l'émission du quatre pour cent ; l'autre,proposé par M. Laffitte,
dans l'émission du 3 et demi pour cent au-dessous du pair. La
Chambre, sur la proposition de M. Lacave-Laplagne, ministre
des finances, accorda au gouvernement la faculté d'user se-
lon sa convenance de l'un ou de l'autre mode de conversion,
et suspendit l'exercice du droit de remboursement, pour les
rentes émises au pair , pendant 12 ans, à compter du jour de
leur émission. Mais son hostilité secrète contre la Cour
se révéla par la condition imposée aux ministres de rendre
un compte détaillé de l'exécution de la loi dans un délai dé-
terminé. Cette disposition, vainement combattue par le ca-
binet, servit à merveille la résistance de Louis-Philippe, qui
fit rejeter par la Chambre des pairs le projet de conversion ,
dont il était l'adversaire le plus opiniâtre, sinon le plus
déclaré, et cette proposition se reproduisit quelques années
plus tard (1844), sans plus de succès. La Chambre élec-
tive entra mieux dans les vues secrètes du roi en attribuant
aux compagnies particulières l'exécution des chemins de
fer, par préférence à l'État. Cette résolution, sanctionnée
par l'autre Chambre, ne tarda pas à devenir entre les mains
du pouvoir une arme puissante, un instrument de corrup-
tion à l'aide duquel il disciplina les éléments les plus rebelles
de la milice électorale, et le gouvernement la fit compléter
postérieurement par la loi des tronçons , qui préparait de
dangereux appâts aux passions de clocher. Ainsi fut organisée