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212 Le récit de la première époque révolutionnaire, appuyé sur des documents authentiques, présente un intérêt du premier ordre ; mais aussi, à proportion que le sujet se rapproche de notre époque, il s'éloigne de l'objet de notre concours ; de sorte que, quand l'écrivain est devenu tout à fait digne de la médaille, il se trouve que nous n'avons plus le droit de la lui décerner. C'est qu'au fond M. Monfalcon est plus histo- rien qu'antiquaire ; partout ailleurs, ce sera peut-ê,tre un éloge : qu'il nous pardonne si notre point de vue nous oblige à en juger différemment. « Un autre érudit, qui depuis longtemps s'occupe des ins- criptions antiques de Lyon avec une expérience consommée et une sagacité peu commune, M. l'abbé Greppo, correspon- dant de l'Académie, a soumis à votre jugement des Études archéologiques sur les eaux thermales ou minérales de la Gaule. S'il ne s'agissait que d'une certaine sûreté de criti- que, M. Greppo n'aurait pas de rivaux dans ce concours, et la première médaille aurait dû lui être décernée sans con- testation ; mais plus le mérite, d'un écrivain est apprécié, plus on se montre exigeant à son égard, et c'est pourquoi votre commission se refuse à voir dans les Études sur les eaux thermales autre chose qu'un premier essai, qui aura besoin d'être complété el remanié. Le sujet a été judicieusement choisi ; M. Greppo avait une connaissance trop profonde de l'antiquité romaine pour ne pas s'apercevoir du rang qu'as- signaient aux localités de la Gaule, riches en sources ther- males, les habitudes curalives et même hygiéniques des an- ciens. Partout où se montrait ce bienfait de la nature, des villes étaient fondées, la population s'agglomérait; une fon- taine minérale exerçait alors la même attraction que plus tard, sous l'influence des idées chrétiennes, la cellule d'un solitaire. Aussi, en déterminant les positions, en fixant la synonymie antique et moderne, M. Greppo trouve-t-il l'oc- casion de rectifier les itinéraires et de jeter quelques lumières sur les divinités topiques, auxquelles la plupart des sources étaient dédiées. Le livre est écrit avec une clarté parfaite, el avec le degré d'élégance que comporte l'érudition, et dont nos maîtres de l'ancienne Académie nous ont laissé des modèles accomplis. Nous voudrions pour beaucoup que la ré- serve imposée à nos éloges déterminât M. Greppo à entre- prendre une seconde édition de son ouvrage. »