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                     LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.                399

 de ses troupes. Castanos , a qui il avait supposé des inten-
 tions si favorables, se montre le plus disposé à faire exécuter
 rigoureusement l'expulsion ordonnée (1). Le prince se rem-
 barqua le 3 octobre pour la Sicile, après avoir déployé une
 constance digne d'un but plus patriotique.
    Louis-Philippe goûta à son retour à Palerme, les premières
joies de la paternité. La duchesse d'Orléans était accouchée
 le 2 septembre 1810 de ce jeune prince qui, trente-deux
ans plus lard, devait périr aux portes de Paris victime de
la plus déplorable catastrophe.
    Les représentations secrètes de Louis XVIII au prince ré-
gent d'Angleterre ne furent pas étrangères, dit-on, à ce nou-
vel acte de répulsion du gouvernement britannique. Cette op-
position s'explique naturellement par l'ombrage qu'avaient fait
naître dans l'esprit du prévoyant monarque, les velléités ambi-
tieuses du duc d'Orléans. On prétend aussi que Louis-Philippe
se plaignit avec chaleur à l'auguste exilé de la conduite du
ministère anglais. Quoi qu'il en soit, elle donna lieu à une
correspondance vive et curieuse entre Wellington et Dumou-
riez. Ce dernier, dans son infatuation pour son ancien lieute-
nant, qualifia de faute immense l'intrigue qui l'avait écarté,
et n'hésita pas à attribuer à cette faute la prise des villes de
Tarragone et de Tortose. Lord Wellington répondit qu'il
rendait personnellement hommage aux qualités et aux senti-
ments du prince, mais que son entourage, qui n'avait ni sa
prudence ni son habileté, lui avait fait tort en le désignant
indiscrèlement comme le futur régent de l'Espagne. « Le
prince, disait-il en terminant, croit que tout ce qui lui est
arrivé a été produit par les intrigues des Anglais ; mais je dé-
clare que si j'avais voulu perdre le duc d'Orléans en Espagne,
j'aurais' été satisfait de le laisser suivre la voie dans laquelle

  '. i) Lettre de Wellington à Dumouriez, 3 février 18 i3.