Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                    DE LA VILLE DE LYON.                     339

      La transformation préméditée du grand comble de Saint-
   Jean aurait eu des complices, et on ne se serait arrêté qu'a-
   près avoir réalisé une idée qui depuis longtemps germe dans
   le cerveau des ordonnateurs de restaurations monumentales à
   la basilique métropolitaine. Les deux clochers tournés vers
   l'orient auraient été couronnés de deux flèches. Deux flèches
   dissemblables rentrent dans les conditions gothiques, mais
   elles ne sont pas harmonieuses; deux flèches pareilles sont
   une horreur, et l'écueil de l'art. L'œil n'aime pas à voir deux
   rois sur le même trône. Et puis, comment raccorder ces flè-
  ches avec leurs bases, comment les concilier avec nos souve-
   nirs, avec le charme oculaire des quais de Saône, comment
  retrouver la pensée restée sans manifestation du primitif cons-
  tructeur des deux clochers orientaux de Saint-Jean? Ah ! de
  grâce, laissez-nous donc ces deux toits à quatre égoûts que
  vous appelez d'ignobles chapeaux, ils servent à caractériser
  notre basilique : nous l'avons connue dès l'enfance avec eux -
  sa forme est devenue sacramentelle : altérez sa figure tradi-
  tionnelle, et vous portez le trouble dans nos habitudes, dans
 notre intelligence du monument, dans le plus magnifique
 aspect des horizons lyonnais. Bornez-vous à enrichir d'une
 robe d'or les deux croix latines qui jaillissent de ces chapeaux.
     Un nouveau siège pontifical a été posé à Saint-Jean. C'est
 une œuvre de bois, merveilleuse d'exécution, mais tellement
 confuse dans son ensemble qu'elle devient, pour ainsi dire,
insaisissable. Quelle manie ont donc nos architectes de choisir
 toujours, pour les reproduire aujourd'hni, les motifs les plus
amphigouriques et les plus ampoulés de l'art, ceux de la fin
du XVe siècle? On croirait vraiment qu'ils ne travaillent que
pour des myopes. C'était bien la peine de dépenser une ving-
taine de mille francs pour ce meuble sans rapports avec le
type austère de la basilique, quand tant d'autres restaurations
monumentales importantes sollicitent l'attention et les sacri-