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316 NUITS.
lieutenant-général comte Gassendi, Thomas-Forey, mort
maire de Nuits et membre du Conseil général, Adrien-For-
tuné Jeanniard, si connu par la générosité de sa vie, et une
femme qui a fait beaucoup de bien, Marie Robert, veuve de
Gillolte-Roberl.
Arrêtez-vous avec respect devant cette vieille tombe mous-
sue, en forme de croix, entourée de quatre tombelles, of-
frant la même figure. Là gît toute une famille enlevée non
par la peste, qui n'éclata qu'en 1635, mais par le poison,
selon une tradition constante, c'est celle de Jehan Dargilly.
Le millésime porte 1617.
La ville de Nuits fut, dans le dernier siècle surtout, désolée
par les inondations ; celles de 1747 et de 1757, furent d'af-
freuses calamités. Le Muzin qui, malgré son poétique nom,
a quelquefois, à la suite de grandes pluies, (ouïe la fougue
des torrents, ne murmurait plus dans son lit d'or; il mugis-
sait, il bondissait, il vomissait ses flots terreux sur les hom-
mes et les habitations. Le sinistre fut horrible en 1757, l'eau
arriva jusqu'à la hauteur du poisson commémoratif sculpté Ã
l'angle d'une maison de la place nommée Fleury, à cause de
l'intendant de ce nom, sous l'administration de qui elle avait
été élargie. Ce fut pendant ces douloureuses circonstances que
M. Claude Marey, aïeul de MM. Marey-Gassendi et Félix-
Marey, se distingua par ses largesses et sa générosité ; il nour-
rit pendant sept à huit jours tous les pauvres de la ville. C'est
là le véritable titre de noblesse de cette famille honorable et.
honorée de la ville de Nuits. Pour rendre impossible le retour
de ces funestes inondations, la ville opposa, par des murs so-
lidement et élégamment bâtis, une digue aux eaux ; le lit du
ruisseau fut approfondi et encaissé. Pour obvier aux dépenses
suscitées par ces réparations, la ville vendit le bois de Char-
mois qui lui appartenait par une ancienne concession. Ces
travaux n'empêchèrent pas qu'en 1793 un habitant de Villars-