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                     LA TENTATION.                       285

 Et s'il m'appelle ainsi sa bouche est téméraire ;
 Lorsque au-devant de moi je sens son cœur venir ,
 Je voudrais l'embrasser, et je dois le bénir!
 Mon front doit se voiler devant un regard tendre.
 L'amour qui m'est offert c'est à Dieu de le rendre,
 Je ne puis me donner selon mes doux penchants,
 Car j'appartiens à tous et surtout aux méchants ;
 Et ceux qui m'ont aimé de l'amour la plus forte
 N'ont fait qu'unir leur croix à celle que je porte. »


Il passa, la prière abrégea le combat ;
Et les anges ont dit qu'une larme tomba.
Larme attestant l'effort, mais que Jésus avoue ;
L'urne des Séraphins la reçut de sa joue,
Et des pauvres humains par un amour brisés
Les cœurs faibles et doux y seront baptisés.


Or il marchait, rempli de cette ardeur plus prompte
Que puise dans la lutte une âme qui se dompte ;
Prêt à tous les périls que Dieu dans ses desseins
Suscite à chaque pas sur la route des saints.



                          IV.



Il atteignait déjà cette âpre solitude
Que l'âme des plus forts trouve souvent trop rude ;
Ce royaume du vide où l'air même tarit,
Où l'homme ne vit pas si Dieu ne l'y nourrit.
Il s'offrait aux périls de ces luttes secrètes
Que cachent le désert et les longues retraites.
Seul avec l'Esprit-Saint il vécut dans ces lieux
Pleins d'étranges terreurs, d'ennemis merveilleux,