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360 V. Toi du hideux malheur victime noble et pure, Approche et viens te soulager ! Dans ton cœur qui déborde, étouffe le murmure! Du sort trop rigoureux dont tu souffres l'injure, Le sort même va te venger ! Comme toi, j'ai passé par une voie austère!.... Au banquet des douleurs docile convié. Frère! tout comme toi, j'ai bu la coupe amère..., De la faveur des grands puis-je être tributaire, Quand je n'ai jamais mendié ! Qu'importe du destin si j'ai subi l'entrave ? J'oppose à ses rigueurs un cœur libre, un œil fier ! Si je fus enchaîné, je ne suis point esclave, Et je puis, sans rougir, lever mon front à l'air! Aux humaines grandeurs ne portons plus envie !... Laissons, faible ruisseau, s'écouler notre vie ! Tout fleuve à l'Océan doit rendre son tribut.... Frère ! gardons notre onde ignorée et chétive.... Qu'importe un lit plus vaste, une plus vaste rive ?.. Nons courons tous au même but ! Joséphin SOULARY.