page suivante »
261 n'étant pas ducales ni princières, n'avaient pas le droit de couronne fleuronnée. Il est mille autres familles dont les incertitudes pourraient être fixées par le blason ; nous avons pris la première qui s'est présentée sous notre plume. Nous avons dû nous-même de précieuses découvertes à notre fréquentation des livres héraldiques. Un jour, entre autres, que nous parcourions les ruines si anciennes et si pittoresques de Châtillon d'Azergue, dans le Lyonnais, nous déplorions l'obscurité qui couvre l'édification de ce château ; nul habitant du pays n'avait pu nous apprendre le nom de ses anciens maîtres, personne ne savait qui l'avait bâti, res- tauré, agrandi; quelques débris de sculpture qui roulèrent devant nous au milieu des décombres, nous donnèrent la clé de ce mystère. C'était une croix jaune sur un fond noir (1), que l'on pouvait attribuer au XIIIe siècle, et que nous re- connûmes pour être celle de la puissante et antique race des d'Albon. Puis nous trouvâmes sur la porte du château l'écu aux six sautoirs (2) des Balzac, autre maison illustre qui nous parut avoir possédé Châtillon au XVIe siècle. Plus tard, des documents authentiques nous convainquirent de la justesse de nos suppositions. Une autre fois, c'était dans l'église abbatiale d'Ambronay en Bugey, nous admirions les riches dentelles qui décorent le tombeau d'un abbé enterré dans une chapelle au nord de la nef septentrionale. Unécu d'or à la fasce ondée de gueules (3) brillait au milieu des figures des anges, du Christ, et du vé- nérable abbé lui-même; cet écu était jeté à foison sur toutes les nervures de la partie méridionale de l'église, évidem- (1) Blasonnez : de sable à la croix d'or. (2) Le sautoir est une croix de Saint-André^ laquelle est en forme d'X. (3) La fasce est un bandeau horisontal qui traverse l'écu.