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282 M. MERMET AÎNÉ. gance, cette souplesse, celte rapidité, cetle énergique conci- sion que l'on exige aujourd'hui de l'écrivain ; mais il est clair, il a une allure franche qui plaît au lecteur. M. Mermet, dans ses ouvrages, causait avec ses concitoyens et ne les haranguait pas ; il avait, dans ses livres, lout comme dans sa conversation, des tours familiers, une certaine tendance à la prolixité, une sorte de bonhomie plus apparente peut-être que réelle qui ne manquait toutefois ni de finesse ni d'originalité. Il ne les dégageait pas assez sévèrement de détails oiseux, superflus ou vulgaires et ne châtiait pas sa phrase autant qu'il l'eût pu faire. Du reste, ce sont des documents qu'il a recueillis, et, s'il ne les a pas disposés avec toute la méthode désirable, il n'en a pas moins le rare mérite de la découverte et du choix. M. Mermet était d'un commerce facile et enjoué. Il contait à merveille, et, en l'entendant, on lui pardonnait volontiers d'être un peu verbeux et un peu enclin à narrer avec com- plaisance les événements viennois dont il avait été le héros. Il avail tant vécu avec les anciens, dans son cabinet et ses li- vres, qu'il croyait pouvoir, comme eux, parler des services rendus à la patrie et s'en regarder comme le sauveur dans mille conjonctures, car ses avis avaient presque toujours été salutaires. Un peu irascible, il n'aimait guère la contradiction, et, malgré la droiture de son jugement et l'indulgence réelle de son cœur, sa connaissance parfaite des hommes et sa grande habitude de la société, il prenait quelque ombrage de l'in- fluence ou de la science qui eussent prétendu être supérieures aux siennes. Le moi était assez chatouilleux chez lui. Fort versé dans les antiquités romaines, il n'avait ni les mêmes pen- chants, ni les mêmes éludes par rapport à celles du moyen- âge, et son goût en ce qui louche aux arts chrétiens, était peut-être moins sûr qu'en bonne conscience il ne le croyait. — La vie privée de M. Mermet dut se ressentir de son conti- nuel besoin d'être mêlé aux affaires publiques : la commune fai-