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CHARLES VI. 511
la Reine de Chypre, dont on s'occupe, dit-on, en ce moment. Un
grand opéra est toujours, quoiqu'il vaille, un ouvrage sérieux, c'est
pourquoi il faut être plus généreux avec lui, qu'avec les mélodrames
de M. Anicet, ou les interminables logogriphes de M. Bouchardy.
La saison, comme on le pense bien, est aux concerts, il n'est si
mince exécutant qui n'aspire à donner le sien, et du moment où nous
écrivons,à la semaine du vendredi-saint, il va se faire bien du bruit,
chaque semaine , sur les pianos, les violons, les violoncelles,
les flûtes, les haut-bois, les cors et les bassons, sans compter
les soprani, les contr'alti, les ténors, les basses, et les barytons.
MM.Barrielleet Boulo ont inauguré cet harmonieux temps de l'année,
et donné collectivement un concert dans la salle du Cercle musical;
lasociété du Cercle adonné également le premier des six qu'elle offre
en primeà ses actionnaires, puis M. Bauraann est venu après. On
est à peu-près sûr maintenant que, à moins de circonstances impré-
vues, nos oreilles ne chômeront pas plus, cette année-ci, que l'année
dernière.
Applaudissons en terminant à une heureuse tentative de MM. les
membres de la commission du Cercle musical ; elle mérite à tous
égards l'approbation et la sympathie universelles: une messe annuelle
a été par eux fondée, le 22 novembre, jour de la fête de sainte-Cécile,
patrone des musiciens. La première de ces messes qui a été dite Ã
St-Bonaventure au jour désigné, avait attiré un concours nombreux
et choisi d'auditeurs ; les deux orchestres réunis du Cercle et du
théâtre y ont exécuté avec talent la messe de Lesueur avec un ô
salutarisde Félicien David, lequel a produit un grand effet. C'est lÃ
une de ces bonnes traditions qu'il importe assurément de mainte-
nir et de conserver. Nos félicitations à MM. George Hainl et Mani-
quetsur le remarquable résultat qu'ils ont obtenu.
G.