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            BULLETIN THÉÂTRAL,


                     DUPKÉ ET MUe         ARALDI.


   Notre première scène nous a offert, ces derniers jours, le specta-
cle de deux beaux talents dans des phases bien diverses. L'un qui
s'éteint à son apogée, l'autre qui commence plein de vie et de jeu-
nesse. Nous voulons parler des apparitions successives de Duprez
et de MUe Araldi.
   La gloire a de singuliers retours, de bien tristes enseignements.
Qui eût pu prévoir, il y a sept ans à peine, que le chanteur auquel
on prodiguait alors tant de bravos et d'ovations, aurait un jour sur
le même théâtre à dévorer tant d'injures et d'humiliations. Cette
harmonieuse voix qui vous avait si vivement touché, cette voix qui
s'est usée au service de vos plaisirs, vous avez osé la railler, la
siffler... L'artiste chaleureux et le chanteur habile, tout son glorieux
passé de dix années, rien n'a pu trouver grâce aux yeux du public.
Duprez a manqué à sa dignité d'artiste en ne se retirant pas dès
sa première représentation. Il y aurait eu là, de sa part, acte de
convenance, et c'eût été une leçon de bon goût.
   Que cet exemple serve aux nouveau •• venus dans la carrière, et
qu'il tempère un peu la vanité des précoces triomphes !
   Mlle Araldi est arrivée en victorieuse au milieu de nous, et sa
couronne, elle a su la conquérir bien vite et d'elle-même.
   Les grands artistes ne relèvent que d'eux seuls. La nature est leur
Conservatoire. Les chefs d'œuvre n'ont-ils pas précédé les règles.
Mlle Araldi n'est l'élève de personne ; elle a puisé tout ce
qu'elle sait dans son cœur et dans son intelligence. On a pu dire
d'elle à bon droit, le jour de son premier début:
         Ses pareils à deux fois ne se font pas connaître ,
         Et pour des coups d'essai veulent des coups de maître.
  En effet, comment est-elle parvenue au poste où elle se trouve ?
  Après de brillants succès sur les théâtres d'Italie et d'Angleterre,