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408 JEAN-BAPTISTE LANOIX. plus que par son propre intérêt. On en trouve la preuve dans la délibération qu'elle prit le 9 septembre 1784 (1), et par laquelle, voulant donner h M. Lanoix, l'un de ses membres, des marques de reconnaissance de ses soins pour la réus- site du four à cuire le pain par le charbon épuré, elle le pria de vouloir bien accepter la démission entière qu'elle faisait en sa faveur de toutes récompenses quelconques qui pour- raient excéder les dépenses faites par ladite compagnie, tant pour la construction, dans ses ateliers de Lyon, dudit four de boulanger, que pour les diverses expériences qui y avaient été faites. Combien pourrait on citer d'exemples d'un aussi noble désintéressement ? Après de tels succès, il est difficile de ne pas se demander comment il se fait qu'aujourd'hui où, certes, l'utilité de la houille n'est ni méconnue, ni dédaignée, tous les fours de la boulangerie ne soient pas construits et chauffés comme celui de Lanoix ? Puisque l'on ne doit aux morls que la vérité, je vais expri- mer, à cet égard, ma pensée tout entière. Les succès qu'obtint le four inventé par Lanoix furent assurément dûs, en grande partie, à ce qu'il avait parfaitement rempli les conditions du programme, mais ce qui en rehaussa considérablement le mérite, ce fût, sans contredit aussi, l'empressement avec le- quel, à celte époque, tous les esprits accueillaient les décou- vertes ayant pour objet l'amélioration de la condition du peuple. Mais, tout le monde le sait, celte révolution, qui com- mença sous de si séduisants auspices, ne tarda pas à se con- vertir en une terreur affreuse qui renversa tout sur son passage, et dont le peuple lui-même grossit le nombre (i) Les pièces el le lires originales, dans lesquelles j'ai puisé les faits relatés dans relie notice, font partie de ma collection d'autographes.