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ET DE SA BEPARATIOiN. 367 tendre amour pour Dieu ; et si, dans la société, vous êtes humbles et bons avec vos frères par surabondance d'amour ! Je ne vous demande pas si vous avez dit positivement que Dieu est absent de nos âmes, mais si dans le fait il est absent de vos pensées.... Car alors, c'est bien plus que de dire le mal, c'est le faire. Remarquez qu'en ceci, mes conséquences ne sont pas allés plus vite que vos actes. Dans ce qu'on appelle le Monde, vois-je autre chose , de la part de ceux qui raisonnent, que leur témoignage d'irréligion ; et de la part de ceux qui appliquent, que leur témoignage d'immoralité. Le philosophe sans piété se verra suivre du romancier sans mo- ralité. Je ne voudrais accuser personne, mais les faits malheureu- sement font parler leur grande voix. Si vons écrivez, je ne vois sortir de votre plume que des pages où, sous un voile, vos mé- taphysiciens attaquent la Providence dans Dieu ; vos moralis- tes, la"piété dans l'ame ; vos romanciers, la pureté dans le cœur. Tandis que, par un instinct secret de leur nature, tous ces hommes défendent sous des noms extraordinairemenl gra- cieux, l'orgueil, le doute, la paresse et la volupté. L'orgueil, par exemple, sera le sentiment des âmes qui comprennent toute leur valeur ; le doute, le partage des bons esprits ; la paresse, le propre de la distinction ; la volupté, le fait de ceux qui ont trop de cœur Pauvres hommes, que dites- vous ! comment voulez-vous que je ne reconnaisse pas ici les continuateurs de la chute ! N'êtes-vous pas allé jusqu'au bout ! Après avoir détruit la piété, les sentiments, la pudeur, vous détruisez le cœur, vous détruisez la femme, vous détruisez la famille, enfin, vous dé- truisez tout dans le Ciel et sur la terre ; et moi je vous de- mande en pleurant ce que vous ne détruisez pas, et si en grâce vous ne me détruisez pas à mon tour, moi créature de