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                              DU BUGEY.                                97

   Feu Leymarie, toutefois, a émis une interprétation diffé-
rente (1). Il pense que, vu leur état de conservation, ces bâtis-
ses ne sont pas antérieures au XVe siècle, et il présume qu'é-
tant de celte époque, elles ont été inspirées par la peur de la
peste qui sévissait au XVIe siècle dans les provinces voisines,
et notamment à Lyon.
   Les considérations qui nous semblent réfuter cette opinion
de l'archéologue distingué ne doivent pas être omises; car il
s'agit de maintenir une tradition populaire qui se rattache à
un point historique fort important et de constater l'une des
plus grandes perturbations qu'ait éprouvées le Bugey, sa
dévastation par cette même race d'hommes contre laquelle
luttent depuis quinze ans nos vaillants soldats d'Afrique.
    Ces habitations, pratiquées dans des anfracluosités où l'on
 ne parvient qu'en marchant par des rampes difficiles, ef-
 frayantes, ne paraissent-elles donc pas plutôt faites contre
l'agression redoutable des hommes que contre l'invasion de
la peste ? surtout si l'on considère que les montagnes, avec
leurs ombrages et leurs eaux salubres, présentaient des re-
traites aussi solitaires, plus commodes et plus efficaces contre
le fléau épidômique. D'autre part, si, à raison même de leur
situation d'un difficile accès, ces constructions sont préservées
 de l'injure du temps et des hommes, doit-on s'étonner qu'é-
 tant ainsi dans la condition d'une longue durée, elles aient
 pu traverser dix siècles sans être entièrement détruites?
 Longtemps encore, si elles ne sont pas démolies de la main
 des hommes, elles peuvent rester à l'étal de ruines, comme
 un témoignage de l'histoire conservé par la tradition. Ajou-
 tons que cetle tradition elle-même pèse d'un certain poids
dans la balance de l'appréciation, et que, pour lui enlever sa

  (t) Hisl. inédite de l'abbaye et de la ville de St-Rambert, par Hippolyte
keymarie, déposée aux arch. de la Société royale de l'Ain.
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