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THEATRES. 77 du mois se trouveront couverts. Que feront-ils au mois d'août ? Rachel est toujours cette habile diseuse, cette classique tra- gédienne que vous savez. Elle s'est montrée dans ses anciens rôles ce que nous l'avions déjà vue, belle de pose et de mé- lopée, correcte et sobre de mouvements. On dirait voir mar- cher une statue antique. La Virginie de M. Latour (de St- Ybars), cette sœur cadette de Lucrèce, mais d'une moins forte constitution, nous a montré Rachel dans un rôle tracé évi- demment pour mettre en relief toutes ses précieuses qualités, tout son beau talent. Aussi y a-t—elle produit une profonde impression ! MM. Tony, Quélus, et les autres artistes ont di- gnement secondé l'artiste voyageuse dans les divers ouvrages où elle s'est produite. MM. Tony et Quélus ont droit à une men- tion toute spéciale. Le public la leur a déjà faite en applaudis- sements et en bravos. M. Frédéric Lemaître a partagé, avec Mlle Rachel, la fa- veur publique; dix-sept représentations sont encore loin d'avoir épuisé la curiosité de la]foule, et n'ont pas déroulé sous nos yeux j,out le riche répertoire~du premier comédien de notre époque.2Que de souplesse, en effet, dans ce talent, que de naturel et de vérité! Comme il dessine un rôle, comme il le comprend et le soutient d'un bout à l'autre ! Nous l'a- vons vu tour à tour reproduireMes natures les plus diverses : don César de Bazan, ce type retrouvé de Callot-, Maurice, de la Dame de Saint-Tropez, le Joueur, Kean et Ruy-Blas ! Que de puissance et de vie dans chacune de ces créations ! Si quelques tons un peu crus se font sentir dans quelques-uns de ces personnages, comme l'ensemble est largement tracé, comme l'effet général est admirablement rendu! Que d'é- tudes, que d'art n'a-t-il pas fallu pour assouplir cet organe rebelle, pour anoblir cette nature? MUe Clarisse Miroy est la digne élève de Frédéric Lemaîlre,