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338 LE MUSÉE LAPIDAIRE. peintre gracieux qui a si bien représenté la plaintive Va- lentine de Milan, le malheureux Jacques Molay, le sage et respectueux Louis IX, la généreuse Agnès Sorel, le brave et loyal François Ier, et la tendre La Vallière, était en Suisse. J'avais eu le plaisir de le connaître à Paris, où j'ai admiré ses productions, et je fus très-fâché de ne le point voir. M. Grobon, à qui on doit de si jolies vues de Lyon, était aussi absent. La santé de l'habile sculpteur, M. Chinard, ne lui per- met pas de se livrer à ses travaux favoris, et de recevoir des étrangers. J'avais aussi connu M. Révoil à Paris, lorsqu'il y a ex- posé son charmant tableau de Charles-Quint à la cour de François I er . Je savais qu'il compose des romances ingé- nieuses sur les sujets toujours nobles et piqu'anls de ses ta- bleaux, et qu'il chante avec goût comme il peint avec grâce ; mais je n'avais point d'idée de l'étendue de ses connaissances et de l'heureuse direction qu'il leur a donnée vers le bel art qu'il cultive avec tant de succès. Cet artiste, vraiment digne de ce nom, par son application constante et ses études suivies, n'a rien négligé pour s'instruire des mœurs des Français. Son cabinet, voisin de son atelier, paraît être une chambre du XVIe siècle ; aussi croit-on y trouver un élève des grands maîtres que celte époque a produits. Le fond est occupé par une tapisserie singulière qui est un ouvrage du milieu du XVe siècle: elle a appartenu au cardinal de Richelieu qui la con- servait par curiosité, et paraît avoir été fabriquée à Arras où on a copié les tableaux de Raphaël (1), et fait tant d'ou- vrages précieux du môme genre. Elle est partagée eu huit bandes, dans chacune desquelles est un sujet qui se rap- porte à l'histoire d'un miracle de saint Quentin: une simple (i) Magasin encyclopédique, ann. 3, t. III, p. 878. Nouveau Mercure alle- mand, 1797) N° t et?..