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         Ou certaine plaideuse au fol entêtement,
         Sous son toit ruineux clouée imprudemment.
        Honneur à tous ! honnem à leur noble courage !
        Quand du démon des eaux s'apaisera la rage,
        De ces héros du jour qu'un immortel burin
        Lègue à nos fils les noms sur le marbre ou l'airain !
        Honneur à la cité qui leur donna naissance !
        Que leurs fronts couronnés par la reconnaissance,
        Brillent d'un saint orgueil, et que ce souvenir
        D'un reflet glorieux dore notre avenir !
        C'est assez ; déposons la lyre du poète :
        Jamais pour la souffrance elle ne fut muette.
        Consoler le malheur et lui tendre la main,
        Panser ses pieds meurtris aux cailloux du chemin,
        Dans son casque jeter l'obole à Bélisaire,
        Au fond d'un bouge infect visiter la misère,
        Arracher l'infortune à son obscurité
        Et quêter sous l'habit des Sœurs de Charité ;
        "Voilà la mission que la Muse demande,
        Où s'inspire son ame et que Dieu lui commande,
        Lorsque sur l'Océan des humaines douleurs
        S'élève la colombe ou l'arc aux trois couleurs.
        Sa voix, qui prêche au seuil de l'égoïsme immonde,
        Crie à l'heureux du siècle, à la femme du monde :
        « Riche, ouvre tes greniers qui regorgent de grains!
        « Femme, de leurs joyaux dépouille tes écrins !
        « Châtelain, possesseur de la forêt prochaine,
        « Permets à l'indigent d'ébrancher le vieux chêne,
        « Car plus d'un malheureux, dont le besoin s'accroît,
        « Dit aujourd'hui : J'ai faim ! dira demain : J'ai froid !
        « Et toi, charmante enfant, papillon des quadrilles,
        « Va, quitte sans regret ces fêtes où tu brilles ;
        « Sur ces tristes chevets, mouillés de tant de pleurs,
        « De ton bouquet de bal laisse pleuvoir les fleurs !
        « Pitié pour l'orphelin et pitié pour la veuve!
        « Mesurez votre offrande à la hauteur du fleuve.
        « Attachez un bienfait à chacun de vos jours !
        « Donnez, donnez encor ! donnez, donnez toujours ! »
                                         F. BOUCHARD (de Mâcon).


   NOTA. Dans la série des Etudes sur les historiens du Lyonnais, notre colla-
borateur, M. Collombet, consacrera un chapitre à l'examen des différentes his-
toires de nos inondations.