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Sans faire aucuna graci aux efans ctlesfennes.
Ey l'oriant miô ama, iquelou que l'an veu,
Avouay de loups-garous habita dzin zin beu (1).
Saint-Etienne perdit alors plusieurs de ses meilleurs ci-
toyons : l'ancien maire, Praire-Royet, une des 209 victimes
canonnées aux Brotteaux. Comparable au courageux Bailly,
cet administrateur généreux scella de son sang le respect
qu'il avait eu pour la loi ; il marcha au supplice avec cette
sérénité qui est l'apanage d'un ame fortement trempée et
d'une conscience pure. En vain un de ses collègues à la mu-
nicipalité, avec lequel il y avait eu promesse de secours mu-
tuels, le vit passer au milieu du funèbre cortège, à son sourire
d'adieu l'insensible jacobin ne répondit pas même par une
larme. Avant lui était tombé son jeune frère, Praire-Nézieux,
chef de bataillon de la garde nationale, et que les démarches
elles larmes de sa belle et intéressante épouse ne purent sau-
(i) J'aiessayé de traduire ce passage :
La mort se promenait dans les départements,
Partout du sang, des pleurs et des gémissements.
Un député bourreau, suivi d'affreux séides,
Dictait à son pays ses ordres parricides.
Prêtres, nobles, marchands enchaînés à sa voix,
Jugés en même temps, périssent à la fois.
Point d'espoir, point de droit, nulle forme légale,
Il n'est qu'un seul arrêt : la peine capitale !
Javogues est dans le vin, qui pourrait le fléchir ?
Aussitôt on est pris, hélas! il faut partir;
Non pas pour ses foyers, mais pour la fusillade,
Ici pour l'écliafaud, là pour la canonnade.
Liberté, que d'horreurs on commet en ton nom !
Que de sang répandu dans Feurs et dans Lyon !
Le fer, le plomb, la hache, avec la même rage,
Frappent sans distinction de rang, de sexe et d'âge.
Innocentes brebis, autant valait pour vous,
Habiter les forêts, les tanières des loups.