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 Ces témoignages, j'ajouterai encore celui d'une inscription grecque,,
 fort barbare, rapportée par le P. Lupi, dans laquelle on peut recon-
 naître le mot MARTYPIo*, comme désignant la sépulture des
  martyrs (1).
    On trouve également établi, dans l'antiquité chrétienne et au
 moyen-âge, un semblable usage du mot latinisé Martyrium. Saint
 Isidore de Séville disait, au VIIe siècle : Martyriwm, locus marty-
 rum, grœca derivatione, eo quod in memoriam martyris sit cons-
 tructum, vel quod sepulcra sanctorum ibi sint martyrum (2). En
effet, les auteurs ecclésiastiques et autres qui ont écrit dans la
langue de Rome, avant et après saint Isidore, l'ont souvent pris dans
 ce sens, Tertullien, le premier de tous, si je ne me trompe, disait
 du chef des hérétiques basilidiens ; Martyria negat esse facîen-
 da (3). Saint Jérôme exprimait ainsi l'humble crainte qu'avait eue
 saint Antoine qu'après son décès on ne voulût rendre à ses restes
les honneurs décernés à ceux des saints : Caussam occultandi ftu-
mulij juxta prœceptum Antonii referentes, ne Pergamiits, qui
in illis locis ditissimus erat, sublato ad villam suam sancti corpo-
re, martyrium fabricaretur (4), Dans une église dédiée à saint
Etienne, premier martyr, saint Augustin désigne par ce terme ce
que, dans le même récit, il appelle aussi Memoria, ce qu'on appelait
encore Confessio : Cum jatn populus frequens esset, et loei sancti
cancellos, ubi Martyrium erat, juvenis orans teneret, etc. (5).
On trouve aussi Martyrium dans des lois du Code Théodosîen
et du Code Justinien relatives aux choses ecclésiastiques ; je
n'en citerai qu'une du dernier : Becernimus ut... in integrum
restituantur universa , et ad suum ordinem revocentur, quœ,
ante professionem nostrœ mansuetudinis de orlhodoxce reli-
gionis fide, et sanctissimarum ecdesiarum et martyriorum
statu firmiter obiinebunt (6). Walafrid Strabon disait, au IXe

  (1)   Dissert, ad Sev. mort, epitaph., tab. II, p. 34.
  (2)   Etym., XV, 4.
  (3)   De Prœscript., XLVI.
  {i)   De vita S. Bilarionis, Op. tom. IV, part. 2, col. 85.
  (3)   XXI De Civil. Dei, VIII, 22.
  (6)   Cad. I, 2, 16.