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14 et à la conduite d'eaux jaillissantes; ils ne bornèrent pas leur attention à la capitale de l'empire; toutes les villes qui leur étaient soumises furent l'objet des mêmes soins; et dans les Gaules, Lugdunum eut une large part à leur fa- veur, comme nous le verrons bientôt. M. Rondelet nous apprend que du temps de Frontih, grand-maître des eaux sousNerva, il y avait neuf aqueducs principaux, ayant ensemble une longueur de 281,294 pas romains, qui font 41 myriamètres -II ou 107 lieues de poste. Les trois quarts de cette longueur étaient en conduits sou- terrains voûtés, et pour le surpluSj environ 8 lieues étaient en arcades et le reste en substructions. Ces neuf aqueducs fournissaient à Rome par 24 heures 3,720,750 mètres cubes d'eau, pouvant équivaloir à une rivière de 30 pieds de lar- geur sur 6 de profondeur, dont les eaux couleraient avec une vitesse de 30 pouces par seconde, c'est-à -dire avec une vitesse égale à celle des eaux de la Seine dans le temps de leur hauteur moyenne. Cette énorme quantité d'eaux se rendait dans de grands bassins clos et couverts de bâtiments appelés dividicula, d'où des tuyaux souterrains les conduisaient à toutes les fontaines de la ville, décorées de statues de bronze et de marbre qui formaient un des plus magnifiques ornements de Rome. — Sous l'empire d'Auguste, il n'y avait pas un seul citoyen qui n'eût chez lui un bassin d'eau vive. Rome ne profitait pas seule des eaux qu'on amenait des sources éloignées; les habitants des campagnes traversées par les aqueducs, avaient également part à la distribution des eaux, soit pour l'usage des maisons, soit pour la fertilité des terres arrides; mais cette distribution de l'eau pour la campagne était faite avec une grande économie, et une po- lice admirable. Il y avait, en outre, un certain nombre d'habitants de la