page suivante »
429 L'histoire du développement d'une ville comme Saint- Etienne mérite d'être connue. Ce ne doit pas être un simple tableau dédales, de faits ou de descriplions locales; elle doit fournir des renseignements sur les mœurs, les coutumes, le génie, l'esprit religieux et politique des habitants, sur le pro- grès des arts, du commerce et de l'industrie. Quelque pauvre que Saint-Etienne soit en écrivains, celte ville a cependant possédé un, assez grand nombre de chroni- queurs qui ont recueilli beaucoup de matériaux et laissé des mé- moires pour servir à l'histoire de la localité, mais peu d'en- tr'eux ont pu se faire jour à travers la barbarie des siècles. Que de manuscrits, émanés de la plume de ces Bénédictins qui prési- dèrent au berceau de Saint-Etienne, furent anéantis par les odieux compagnons du baron des Adrets ! Que de chartes, que de documents seigneuriaux et religieux furent brûlés plus tard par les séides de Javogues? Car ce fut presque toujours aux hommes instruits et religieux que nous dûmes le peu défaits qui ont traversé l'obscurité des temps; c'est, au contraire, au fanatisme et à l'ignorance que nous devons la destruction de nos chroniques, la désolation de nos cités. Un administrateur éclairé qui a écrit une notice histo- rique et statistique sur la ville de Saint-Etienne avait eu l'heureuse idée de former une Bibliothèque publique des- tinée à contenir, non seulement tous les ouvrages nécessai- res à l'instruction publique, mais également ceux qui con- cernent spécialement la localité ; malheureusement, cetle institution n'a pas eu tout le développement nécessaire. On n'y voit aucune copie des nombreux manuscrits sur l'his- toire locale qui existent dans beaucoup de bibliothèques particulières, pas même ceux de De La Mure (1) et d'Alléon Dulac(2)., déjà signalés depuis longtemps et qui ne sont pas encore connus dans notre ville. (1) Suite de l'histoire du Forez, 2 vol. in-f°. (2) Statistique de la ville de Saint-Etienne en Forez.