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l'avenir, a fait pressentir la belle union des peuples et leur
fraternité dans une même foi, une même loi, une même li-
berté. Dieu dira encore une fois .• C'est bien ! et la veillesse du
monde ressemblera à son aurore.
Les vers de M. Benoît abondent en pensées et en images
poétiques. Nous leur voudrions plus de concision et un
rbythme adopté. Yoici comment M. Benoît a décrit les diver-
ses applications de la machine à vapeur :
Mais sur ces routes fabuleuses
Ou sur ces Mers au flot mouvant
Quelles forces mystérieuses
Poussent l'univers en avant ?
Contre ce navire sans voiles,
Fendant l'onde au feu des étoiles,
L'orage oppose un vain effort ;
Pans sa roule il succombe et sa fureur expire ;
Sans voiles, le léger navire
Entre triomphant dans le port.
Du char qui passe dans la plaine,
Rapide comme l'épevvier,
Couvert de sueur, hors d'haleine,
Où donc est le fougueux coursier ?
t e voici : c'est un être issu de l'industrie
Et du génie humain,
Monstre créé dans un jour de féerie,
Sans yeux, gueule béante, au corps et bras d'airain,
Dont la puissance formidable
Fait croire aux géants de la fable;
Monstre hurlant toujours ou la soif ou la faim,
L'eau l'abreuve, le feu le nourrit et l'excite,
Et, dès que la chaleur emplit ses vastes flancs,
Soulevant ses longs bras, il s'anime, il s'agite ;
Puis, devant lui se précipite,
Comme la lave des volcans :
Entraînant tout sur son passage,
Il fait retentir le rivage
D'un cri sauvage et déchirant,