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299 ment pour elle et pour ses lecteurs cela lui arrive souvent. D'erreur en erreur, et sans s'en rendre compte , George Satid est anti-chrétienne. Elle ne pensait certainement pas, en écri- vant son premier r o m a n , qu'elle ferait des progrès si rapides dans la voie ténébreuse où elle s'engageait, ni qu'elle arrive- rait si vite à une épouvantable chute au bord d'uu abîme sans fond. Merveilleuse perfection de l'œuvre divine, mystérieux agen- cement des vérités du christianisme, que Dieu seul peut éten- dre ou resserrer, mais auquel l'homme abandonné à ses p r o - pres forces ne peut rien ajouter ni retrancher, sans que son esprit ne soit frappé de vertige et d'aveuglement; irrésistible puissance forçant l'homme qui a nié un point de l'enseigne- ment divin à nier l'enseignement tout entier. George Sand, dans sa première œuvre, attaquait le mariage, cette garantie de la m o r a l e , et voici, qu'après de douloureux combats avec le génie du m a l , après ses sublimes lettres à Marcie, qui semblaient annoncer un triomphe, une transforma- tion, lettres perdues dans le journal Le Monde, et que George Sand ne réimprime pas comme si elle rougissait d'avoir eu un instant la faiblesse de redevenir chrétienne; voici que le mal triomphe, et que, de la négation de la morale dans le mariage, George Sand en v i e n t , dans sa dernière œuvre, à la négation du culte dans le p r ê t r e , à la négation du dogme dans le Fils de Dieu , dans le Christ qu'elle dépouille de sa divinité pour le revêtir du manteau du philosophe. Grand poète et grand prosateur, jusqu'ici George Sand se perdait faute de s'appuyer sur l'unité , mainlenant elle a disparu aux regards de ses amis en s'enfonçant dans les ténèbres du scepticisme. Jusqu'ici son intelligence paraissait assez forte pour faire espérer qu'elle relrouverait d'elle-même sa véritable r o u l e , mainlenant quel génie suffirait pour ramener celte amc qui s'adore elle-même? le Verbe seul, méconnu par e l l e , peut la pénétrer el la faire retourner vers l'éternelle vérité. Cela est triste à dire, mais on le doit; c'est surtout après avoir lu Spiridion qu'on trouve l'ap-