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prouvent que le Rhône avait déjà été détourné (1), s'il l'a jamais
été; et qu'il coulait du moins comme aujourd'hui, au pied de la
montagne de Caluire, droite d'Albin; quant à la Saône (2), tou-
tes les opinions relatives à son cours ancien derrière Fourviè-
res, sont du moins hasardées, si non tout à fait erronées;
tout prouve qu'elle coulait forcément, comme de nos jours ,
près d'Albiniacum, maintenant Albiguy (3). Si l'on nous ob-
jecte que le palais de Sévère (domus Antiquaria) (4), maison
de l'Antiquaille, étant à Fourvières, par conséquent Lyon
était plutôt là tout entier qu'ailleurs , nous nous contenterons
de répondre que la nécessité d'avoir de grands jardins obli-
geait les Patriciens à bâtir plutôt de ce côlé que du côté de
Saint-Sébastien (5) ; or, le palais de Sévère était immense ,
si l'on en jug« par les aqueducs publics pour son service, les
grottes sculptées, les conduits souterrains voûtés, dont on
voit encore quelques restes (6), et surtout par le grand nom-
bre de briques dorées qu'on a retrouvées assez loin de là avec
le mot Severus (7). Mais revenons à notre bataille. —Albin
(1) Furetière, dans son Dictionnaire, dit : Le cours du Rhône a été changé
par le moyen d'une digue. — On n'a pas besoin de prouver ce dérangement
du Rhône pour expliquer la bataille, ainsi que le prétend le P. Colonia.
(2) Spon, Antiquités de Lyon, rapporte les raisons de ceux qui prétendent
que la Saône passait déjà derrière Fourvières, raisons qui ne sont rien moins
qua plausibles, et dont on n'apas besoin, comme il l'insinue , pour expliquer
cette bataille.
(3) Nous ne parlerons pas de l'opinion de Paradïn, historien de Lyon ,
qui fait dériver ce nom de quasi castra Àlbini, m de la réponse de Claude
Rubys qui le réfute par un mot : Pourquoi pas Castra Severi, pii«!q"ue ce der-
nier est le vainqueur. Voyez Hist. de Lyon, par maître Claude de Rubys, p. 109.
{&) C'est ainsi que l'appelle Champier. C'est là que naquit Caracalla.Voy. là .
(5) Gibbon, en parlant des jardins des sénateurs de Romavdit dans une
note qu'ils formaient un cercle autour de la ville. Voyez HisÛ-déla Decad.,
vol. 1, ch. 6, p. 515.
(6) Hisl. vHrii. de Lyon, par Claude Rubys, conseiller du roi.
(7) Briques ouvragées en bas-relief qui devaient être des corniches de
ce palais, Spon, Antiq. de Lyon, p. 52.
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