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pris, mal interprétés, ont formé les deux pliilosophies
historiques en dehors du catholicisme.
Le premier de ces mots s'est transformé bientôt, p o u r
les uns en fatalisme, ou falalité. De là cette école, divisée
en plusieurs branches, où se trouvent les imitateurs aveu-
gles de la forme historique antique, qui ne voient partout
que VmilexUAe fatum des païens, et qui, en histoire, se
contentent des faits, et rien que des faits ; tels sont G u i -
zot, T h i e r s , Sismondi, Mignet, T h i e r r y , etc.
Quant à la seconde école, plus nombreuse et plus puis-
sante que la p r e m i è r e , ne comprenant qu'à moitié le grand
mouvement de régénération et de transformation que le
christianisme est venu imprimer à l ' h u m a n i t é , elle a
transformé en perfectibilité indéfinie le mot réhabilita-
tion, sublime explication des incompréhensibles é v é n e -
ments qui se Sont opérés et s'opèrent chaque jour dans
le m o n d e . Cette école n'a point vu que cette longue lutte
où l'homme reconquiert chaque j o u r une partie de lui-
même sur les puissances inférieures, doit avoir un terme
quand l'humanité toute entière a u r a , e n imitant le Christ,
repris sa liberté morale, sa dignité perdue. P o u r ces p h i -
losophes, le mot réhabilitation est devenu progrès intini.
Voilà pourquoi S t - S i m o n , Fourier , Leroux et Renaud,
Michelet et Bûchez, etc. n'ayant saisi que quelques m o u -
vements partiels des lois universelles sans eu c o m p r e n d r e
l ' e n s e m b l e , n ' o n t pu écrire que quelques lignes sur le
livre que l'histoire réserve au m o n d e .
Ainsi ces deux mots chute et réhabilitation qui renfer-
m e n t toute la perfection de l'histoire, comme le Christ
renferme toute celle de l'humanitéj ces deux mots de-
venus fatalité et progrès infini, ont formé la philosophie
fataliste et la philosophie progressive. L'une immobile ,
comme la statue a n t i q u e , ne quitte pas la terre où ses
pieds sont attachés. L ' a u t r e , libre et folle comme les
passions qui l ' e n g e n d r e n t , s'élève vers le ciel, mais p o u r
aller mourir au milieu de la chaleur bienfaisante de la
lumière.
Au dessus de ces deux pliilosophies, comme Jésus entre
l'homme qui nie et l'homme qui e s p è r e , la philosophie
catholique, groupée autour de son dogme immuable, mar-
chant d'un pas ferme et droit dans l'avenir, ayant à sa