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était la cause de ce travail opiniâtre et constant? C'est que les
élèves qui se trouvaient là , appartenant à une classe peu ai-
sée de la société , avaient traversé une enfance rude et labo
rieuse, c'est qu'ils s'étaient endurcis à l'école de la pauvreté.
    Ici, au contraire , je n'aperçois que d'heureux enfants à
qui tout a souri dans la maison paternelle, et qui, jusque-là ,
ont joui de la vie comme d'une fête. Ces enfants, je le dis
avec bonheur , nous sont donnés purs , candides , affectueux.
Pourquoi, dès leurs premiers pas dans la carrière des éludes ,
avons-nous à combattre en eux un penchant détestable qui
ternit toutes ces aimables qualités? La paresse , cette rouille
de l ' a m e , oppose à tous nos efforts , à tous nos moyens un
obstacle que nous ne surmontons pas toujours : et ces jeunes
plantes qui promettent un si beau développement de fleurs
et de fruits, se dessèchent trop souvent ou s'étiolent sans sève
et sans vigueur. Je ne sais quoi d'infécond et de misérable
plane sur la mollesse des habitudes et sur le bien-être de la
vie! On dirait l'analhème évangélique : Malheur à vous qui
 avez voire consolation en ce monde, et il semble que le
royaume de l'intelligence souffre violence comme celui du
 ciel. »


    LA ROBE ROUGE par M. ANTONY RÉN.M., 2 vol. in 8 ° . — A Paris,
                           Souverain, 1830.


     La littérature de notre époque, si féconde et si riche maî-
t r e la foule de médiocrités qui l'assiège, marche constamment
au même but, en faisant la satire de ce que nos mœurs ontrete-
nujdes temps de barbarie. Ainsi, par exemple, nous avons tous
frémi d'horreur à la vue des bourreaux transportés sur la scène;
le théâtre nous en a représentés sous toutes les formes et tous
ont été stigmatisés par le dégoût profond, qu'inspire à toute
 âme honnête la pensée seule de l'être assez dégradé pour tuer
 sans haine et seulement pour accomplir la lâche imposée par
 un atroce métier. Du sang pour de l'or !
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