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885 était la cause de ce travail opiniâtre et constant? C'est que les élèves qui se trouvaient là , appartenant à une classe peu ai- sée de la société , avaient traversé une enfance rude et labo rieuse, c'est qu'ils s'étaient endurcis à l'école de la pauvreté. Ici, au contraire , je n'aperçois que d'heureux enfants à qui tout a souri dans la maison paternelle, et qui, jusque-là , ont joui de la vie comme d'une fête. Ces enfants, je le dis avec bonheur , nous sont donnés purs , candides , affectueux. Pourquoi, dès leurs premiers pas dans la carrière des éludes , avons-nous à combattre en eux un penchant détestable qui ternit toutes ces aimables qualités? La paresse , cette rouille de l ' a m e , oppose à tous nos efforts , à tous nos moyens un obstacle que nous ne surmontons pas toujours : et ces jeunes plantes qui promettent un si beau développement de fleurs et de fruits, se dessèchent trop souvent ou s'étiolent sans sève et sans vigueur. Je ne sais quoi d'infécond et de misérable plane sur la mollesse des habitudes et sur le bien-être de la vie! On dirait l'analhème évangélique : Malheur à vous qui avez voire consolation en ce monde, et il semble que le royaume de l'intelligence souffre violence comme celui du ciel. » LA ROBE ROUGE par M. ANTONY RÉN.M., 2 vol. in 8 ° . — A Paris, Souverain, 1830. La littérature de notre époque, si féconde et si riche maî- t r e la foule de médiocrités qui l'assiège, marche constamment au même but, en faisant la satire de ce que nos mœurs ontrete- nujdes temps de barbarie. Ainsi, par exemple, nous avons tous frémi d'horreur à la vue des bourreaux transportés sur la scène; le théâtre nous en a représentés sous toutes les formes et tous ont été stigmatisés par le dégoût profond, qu'inspire à toute âme honnête la pensée seule de l'être assez dégradé pour tuer sans haine et seulement pour accomplir la lâche imposée par un atroce métier. Du sang pour de l'or ! 25