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           J'en conçois chaque jour une douleur profonde;
           Car ils font, aujourd'hui, confondre à bien du monde
           Le langage des fous avec celui des dieux.
    Il est probable que Marc Perrachon n'eût pas lieu d'être très
 flatté de cette réponse à son sonnet; mais enfin si M. Fabien
 Pillet a pris la peine de la lire , il n'est pas possible qu'il n'en
 ait point pardonné l'auteur.
    Nous aimons à le répéter, les vers de Gacon offrent peu de
poésie ; mais ils présentent du naturel, du sens, et quelque
fois même de l'adresse. On en trouve la preuve dans un Discours
au roi, dont voici les premiers vers :
            Quand je devrais, grand roi, passer pour téméraire,
           ïa quitte des autenrs le langage vulgaire :
           Assez d'autres que moi, t'érigeant des autels ,
          T'ont mis depuis longtemps au rang des immortels,
           Et, traitant tes exploits de divines merveilles,
           Par des discours flatteurs ont choqué tes oreilles.
           Toujours, de tes hauts faits, ces rimeurs éblouis
          N'ont rien vu sous le eièl' de semblable à Louis ;
           Hardis à prononcer que la fable et l'histoire
          N'ont point de conquérant qui ne cède à ta gloire,
          Ils ne peuvent souffrir qu'on t'égale aux Césars ,
          Et veulent te placer au-dessus du dieu Mars.
          La proie à ces auteurs fait seule ouvrir la bouche ,
          Et la valeur , grand roi, n'est pas ce qui les touche.
          Un auteur qui n'est point par le gain attiré ,
          Prend , pour louer son prince , un ton plus modéré ;
          Sage dans sa pensée et juste en ses paroles,
          Il fuit comme un éeueil ces froides hyperboles,
          Et, craignant d'imposer à la postérité ,
          Fait, dans tous ses écrits, briller la vérité.
   Abordant maintenant les grands travaux de Louis XIV, le poète
les passe successivement en revue, comme l'attaque de la Hol-
lande, la conquête de la Franche-Comté, la paix avec la Hollande^
l'abolition du duel, l'établissement de la police à Paris, le réta-
blissement de la marine et des finances , la justice réformée, les
beaux arts protégés , la jonction des deux mers; et l'admiration
que Gacon fait paraître pour son prince est d'autant moins servile,
qu'elle repose sur des faits rigoureux.