Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                                  13
même et à régulariser son action. La voilà déjà qui circonscrit sa
sphère, qui se fait spéciale, qui se voue à tel intérêt, à telle
branche de travail. C'est là , un beau germe d'avenir, et en jetant
un coup-d'œil derrière nous, nous pouvons donnera nos espé-
rances une longue portée.
   Au seizième siècle, l'imprimerie est donnée au monde, et son
premier bienfait, c'est de recueillir et de fixer à jamais tous les
titres manuscrits du genre humain enfouis dans les bibliothèques,
cachés aux yeux des masses, illisibles même pour les clairvoyans
dans ces temps où il fallait une vie d'homme pour écrire un livre,
une vie d'homme pour le transcrire , une vie d'homme pour en
déchiffrer le texte obturé. Ce premier travail de la presse est si-
gnalé par d'énormes in-folios, et par ces collections massives qui
sont comme les pyramides de la tradition littéraire.
   Au dix-septième siècle, les livres se font plus petits, pour se ré-
pandre davantage. Mais c'est le génie ancien qui se propage avec
privilège et autorisation du roi.
   Au dix-huitième siècle, la presse multiplie pour l'Europe et
pour la France, la pensée nouvelle, Wewlon , Voltaire, Montes-
quieu, Rousseau, Diderot. Ici nous marquons un progrès im-
mense : l'Encyclopédie est le premier écrit, en quelque sorte pé-
riodique, destiné à l'accomplissement d'une œuvre sociale.
   Le dix-neuvième siècle a créé le journalisme. Jusqu'en 1789, les
gazettes n'avaient été qu'un ramas incohérent de nouvelles et d'é-
vénemens ; leur objet était vague, étroit, incertain , leur exten-
sion indéterminée et confuse. A la révolution , les journaux
devinrent des tribunes politiques, et jusqu'à nos jours , ils sont
encore presque exclusivement sur cette ligne. Désormais ., nous
le pensons, ce sont les élémens de la vie sociale qui vont se faire
et, par la presse, universaliser leur action.
   La vie sociale c'est le bonheur de chacun , son éducation , son
travail, sa propriété, sa famille, sa carrière, ses goûts, ses plai-
sirs, son culte, ses fantaisies même. Développement de la vie
sociale, voilà l'ordre du jour de notre génération! Et ce sont les
arts qui entonnent le chant du réveil, parce qu'ils représentent,
dans la vie sociale , l'élément de prédilection, ce que l'homme
porte en lui de plus élevé et de plus grandiose.