La mode
Nous avons à constater de nouveau le succès toujours plus grand de la fourrure, surtout dans la toilette de ville. Quelques toilettes originales du soir, rôties de diner ou de soirée, en sont décorées ; mais le triomphe de cette garniture vraiment royale s'affirme surtout sur les robes de visite, de réception et les costumes de style pour la promenade. La zibeline et notamment les queues de zibeline sont dès recherchées pour les robes habillées. Pour les visites, ce genre convient à merveille, s'il s'agit d'un costume de jeune femme. Le petit manchon est assorti, et la minuscule capote, avec sa fière aigrette, complétant la toilette, donne comme ensemble une toilette confortable, sans que rien de l'allure et de la grâce de la femme puisse échapper aux regards, puisque la pelisse ou mante est laissée dans l'antichambre.
La fourrure, ainsi interprétée, se met sur la soie, le velours et le drap. Sur le drap, si le costume est bien compris, celui-ci a peut-être plus de style encore qu'avec une autre éfoffe, d'autant plus que le drap autorise l'emploi des nuances les plus tendres, ce qui ne saurait avoir lieu, pour le jour, avec une étoffe de soie. Le costume de drap, ras de terre pour la promenade, permet la petite toque en drap garnie de fourrure.
Tandis que la saison, et plus encore la mode, nous imposent la tenue des femmes du Nord, la même mode décrète pour les toilettes du soir, le vaporeux, le léger, l'aérien. Les robes de gaze et de tulle voient leur succès grandir, ce ne sont que nuages roses, bleus, lilas, paille ou blancs, avec un frissonnement de plumes dans le bas de la pipe, des marabouts caressant le satin de la peau el des envolées de ruban, soit en papillons sur les épaules, soit en ceintures.
La dentelle a plus que jamais aussi une large place, et cela dans toutes les circonstances et quelle que soit la forme de la robe, s'il s'agit du soir ; ici, elle s'épanouit en berthe, là, en bretelles, en coquille, en pèlerine Louis XIII et empiècement, en manches, en jockeys ; puis ce sont les quilles, des volants pour le bas, des ruches de dentelle et, pour mettre le comble à toutes ces splendeurs, empruntent au quinzième siècle sa grâce si séduisante qui n'exclut pas la majesté, nous avons consacré le pli Watteau et le manteau de cour en dentelle, d'un effet adorable.
La mode est, on peut dire, joyeuse et rayonnante, car elle conseille et permet les couleurs les plus tendres, les ors et les pierreries; mais, à côté de cela, elle vient de décréter le retour des belles toilettes noires garnies de dentelle, recouvertes de pailleté et scintillantes de jais. Le satin noir, rehaussé de velours, de coupe princesse, avec longue traîne, a grand air, et se met pour les visites sans qu'il soit question de deuil. Nous signalons aussi, pour les robes de diner, de très beaux costumes noirs qui font valoir la neige des épaules. Cette innovation satisfera beaucoup de femmes.
Comme contraste, la mode est là tout entière, les mantes de théâtre et de bal sont plus éclatantes que jamais.





