Sommaire :

    La mode

    Bien qu'il soit naturel d'aller toujours de l'avant et de désirer des fantaisies nouvelles, la mode est si charmante en ce moment, si gracieuse dans l'ensemble et le détail, qu'on serait tenté de demander un petit temps de repos pour jouir pleinement de ce plaisir presque artistique, qu'on ne voudrait pas voir gâter par quelque innovation malheureuse.

    La jupe a perdu de sa rigidité avec le léger drapé du devant et les garnitures qui ornent le bas, en même temps qu'elle a reconquis toute sa noblesse avec la traîne doucement allongée que toutes les femmes accueillent sans contester.

    On n'a, d'un autre côté, que l'embarras du choix pour trouver la parure seyante entre toutes, qui fera valoir la beauté, si on la possède, et développera tous les avantages quels qu'ils soient.

    Le port-de la tête est merveilleusement servi par les cols et collerettes Médicis, le petit collet Valois et tous les ornements du même genre.

    Dans le genre Louis XIII, auquel on emprunte de charmantes choses, la pèlerine Anne d'Autriche, faite pour des épaules royales qui firent célèbres, est favorable aux épaules bien faites, aux bras bien attachés qui n'ont besoin d'aucun artifice pour rendre le buste gracieux et majestueux tout à la fois.

    Les tailles frêles acquièrent de l'ampleur avec les manches très épaulées et les jabotages de dentelle, où les guimpes très froncées se ferment par des colliers, en gaze perlée, dentelle, plumes, chenille ou tulle.

    Les formes épanouies, qui ne peuvent que perdre à l'enveloppement volumineux, trouvent leur succès dans les corsages très ajustés, moulés pour ainsi dire, et décorés de broderies à plat qui prennent tous les aspects possibles : tantôt c'est un dessin de corselet, un motif figurant, un empiècement en coeur, ou quelque réseau perlé, indiscret, puisqu'il suit les contours de la poitrine, mais dont la grâce provocante fait pardonner l'audace.

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